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Unraid quitte Slackware pour Fedora : ce qu’annonce la version 8

Abstract purple geometric blocks representing a rebuilt operating system base layer

Lime Technology a annoncé Unraid 8 le 17 août 2026. Le changement principal n’est pas une fonctionnalité : c’est le sol sur lequel tout repose. Après une vingtaine d’années sur Slackware, Unraid migre vers Fedora, sur la base de uCore, l’image système du projet Universal Blue.

Une précision d’emblée, parce qu’elle change tout : il s’agit d’une annonce, pas d’une sortie. Aucun téléchargement, aucun numéro de build, aucune date. Le billet officiel ne s’en cache pas : « We’re not rushing this one, it’ll ship when it’s ready. »

Ce qu’est Unraid 8 aujourd’hui

Rien d’installable. Le déploiement décrit se fait par étapes, et la première n’est même pas ouverte au public : les développeurs de la communauté passent en premier, pour mettre à jour leurs plugins avant tout le monde. Vient ensuite une bêta fermée, puis une bêta ouverte sur les canaux habituels d’Unraid, puis des release candidates.

Une liste d’attente existe pour la bêta, et c’est à peu près la seule chose sur laquelle un utilisateur d’Unraid 7 peut agir aujourd’hui. Le chemin de mise à niveau n’est pas documenté non plus : pas de guide de migration, rien sur ce qu’il advient d’un array existant ou des plugins en place.

Slackware sort, Fedora entre

Unraid tourne sur Slackware depuis ses débuts. La raison invoquée pour partir est pratique : livrer les correctifs de sécurité plus vite et laisser plus de contrôle sur le système de base. Les vulnérabilités sortent plus vite qu’avant, dans les paquets ordinaires comme dans le noyau, et une petite équipe qui entretient sa propre couche de distribution suit mal ce rythme.

uCore, l’image Universal Blue sur laquelle Unraid 8 se construit, est une variante de Fedora fondée sur des images. Tom Mortensen, créateur d’Unraid, justifie le choix par une propriété que le système possédait déjà :

Unraid has always been a so-called immutable OS. However you modify your server […] you still could just reboot and you’re back to the virgin release. And that’s a big reason why we’ve chosen Fedora [uCore].

Tom Mortensen, créateur d’Unraid (vidéo d’annonce)

En clair : quoi que vous fassiez sur le serveur, même effacer la racine, un redémarrage vous ramène à l’état d’origine.

Ce que Lime Technology attend de la nouvelle base :

  • une base standardisée bien plus large qu’une installation Slackware maintenue à la main
  • une meilleure prise en charge matérielle d’origine
  • la possibilité de s’appuyer sur la communauté Fedora au lieu de tout porter en interne
  • une séparation nette entre l’OS de base et la couche Unraid
  • l’option de tourner sur le tout dernier noyau pour du matériel très récent, pendant que les autres restent sur un noyau long terme
  • des correctifs uniquement de sécurité livrés plus vite

Cette histoire de noyau compte plus qu’elle n’en a l’air si vous avez déjà acheté une carte mère NAS ou une carte réseau sortie avant que Linux ne la gère. Aujourd’hui, on attend qu’Unraid rattrape. Demain, on pourrait choisir soi-même un noyau plus récent sans embarquer tout le monde avec soi.

Docker Compose arrive nativement

Le support de Compose entre directement dans Unraid, câblé dans le système de templates de Community Apps plutôt que posé à côté. Les templates Compose apparaissent dans la même liste que les applications existantes : fini l’aller-retour entre une vue Compose et une vue Docker.

Lime Technology crédite explicitement la communauté sur ce point. Des plugins Compose existent depuis des années pour Unraid, et l’annonce précise que l’implémentation officielle s’en inspire.

Sauvegardes, permissions de plugins, interface unifiée

Une solution de sauvegarde entre dans le produit : cloud, bucket S3 ou autre serveur Unraid, avec snapshots et restaurations complètes gérés par Unraid plutôt que par un plugin qu’il faut d’abord trouver, puis configurer.

Les plugins reçoivent un système de permissions. Avant d’en installer un, vous voyez ce qu’il a le droit de toucher, et vous décidez. Un SDK développeur accompagne le dispositif.

L’interface devient cohérente sur tout l’écosystème : l’OS, le compte, l’achat, la gestion des clés, et un nouveau site Community Apps sur ca.unraid.net. L’exemple donné : repérer une application depuis son téléphone, l’installer plus tard depuis le serveur.

Rien n’est retiré

Lime Technology traite la crainte évidente sous ce titre exact. Les capacités avancées restent : bridging de NIC, VLAN, les contrôles réseau dont dépendent les utilisateurs avancés. Elles doivent devenir plus faciles à trouver, pas plus difficiles d’accès. La formule employée est « lower the floor, raise the ceiling ». Et la règle inchangée depuis vingt ans : ne pas perdre vos données.

Vingt ans de contexte

Unraid démarre en 2005. Mortensen, alors dans le stockage d’entreprise, numérise ses DVD sur des disques white-label bon marché qui meurent les uns après les autres. Il veut de la redondance sans reconstruire un array RAID de zéro, alors il retravaille le driver MD de Linux pour en faire l’array protégé par parité qu’Unraid utilise toujours.

La version 5 apporte le système de plugins et l’interface Dynamix, signée du développeur communautaire Ronald, décédé depuis, à qui l’annonce rend hommage. La version 6 ajoute Docker, les machines virtuelles et Community Apps, ce dernier construit par le membre connu sous le nom de Squid. La version 7 ajoute le ZFS complet. Lime Technology qualifie Unraid 8 de plus gros chantier depuis la version 6. L’entreprise reste indépendante, autour de 30 personnes.

Si vous êtes en Unraid 7 aujourd’hui

Ne faites rien. C’est la réponse honnête, et elle va le rester un moment. Votre array continue de tourner. Vos plugins continuent de tourner. Pas de date de sortie, pas de migration documentée, et la première étape du déploiement vise les développeurs de plugins avant les utilisateurs.

Si vous maintenez un plugin, en revanche, c’est le moment de suivre le sujet de près : le système sous vos pieds change de distribution. Pour les autres, inscrivez-vous à la liste d’attente de la bêta si l’accès anticipé vous intéresse, sinon continuez comme avant. Nous couvrirons les étapes suivantes dans nos actualités Unraid.

Dernier point, qui mérite d’être noté. Construire sur une distribution Linux grand public, c’est déjà ce que font les principaux concurrents d’Unraid : TrueNAS et Proxmox VE reposent tous deux sur Debian. Unraid était l’exception qui maintenait sa propre base Slackware. Après Unraid 8, il ne le sera plus.

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