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Comment installer un serveur Jellyfin : Docker, Windows et NAS

Illustration d'un serveur Jellyfin avec icônes Docker, Windows et NAS

La façon la plus rapide de faire tourner Jellyfin, c’est Docker : on récupère l’image officielle, on monte un dossier de configuration et sa bibliothèque multimédia, puis on termine l’assistant de configuration dans le navigateur sur le port 8096. Ce guide couvre cette installation de bout en bout, avec les alternatives Windows et NAS, le matériel dont Jellyfin a réellement besoin, et comment y accéder depuis l’extérieur sans laisser une porte grande ouverte sur internet.

🇬🇧 Ce guide est aussi disponible en anglais : How to Set Up a Jellyfin Server

Quel matériel et quel système choisir pour Jellyfin ?

Le strict minimum pour faire tourner Jellyfin : à peu près n’importe quoi, un Raspberry Pi 4 y compris, du moment que vos appareils savent lire vos fichiers directement, sans conversion. Pour transcoder sans ramer (redimensionner ou ré-encoder la vidéo à la volée pour un téléphone, une connexion lente, ou un downscaling depuis la 4K), la documentation matérielle officielle de Jellyfin recommande un Intel Core i5-11400, un Pentium Gold G7400, un Intel N100, ou une puce Apple M-series ou plus récente, 8 Go de RAM, et au moins une puce graphique Intel UHD 710 pour profiter de l’encodage accéléré par le matériel.

Jellyfin tourne nativement sous Linux, Windows et macOS, ainsi que dans Docker ou dans un conteneur LXC Proxmox : la question du système d’exploitation se résume donc surtout à ce que vous possédez déjà. Un mini PC ou un vieux poste de bureau reconverti en serveur (un Dell OptiPlex ou un HP EliteDesk d’occasion fait parfaitement l’affaire) suffit largement pour la plupart des homelabs. Si tous les appareils qui regardent votre bibliothèque savent déjà lire nativement le format des fichiers stockés, il se peut que vous ne déclenchiez jamais le moindre transcodage, ce qui vaut la peine d’être vérifié avant d’investir dans du matériel neuf.

Installer un serveur Jellyfin, est-ce légal ?

Oui. Jellyfin est un logiciel libre et gratuit, et l’installer sur votre propre matériel n’a rien de différent, légalement, de l’installation de n’importe quel autre programme. Ce qui compte, c’est ce que vous mettez dedans. Ce guide s’en tient à vos propres contenus : les disques que vous avez rippés, vos photos et vidéos de famille, la musique et les séries que vous avez achetées. Jellyfin lui-même n’héberge, n’indexe et ne récupère jamais rien en dehors de vos propres dossiers multimédias : la question légale dépend donc de la provenance de vos fichiers, pas du logiciel.

Docker, Windows ou NAS : quelle installation choisir ?

Les trois méthodes aboutissent à la même interface web une fois lancées. Ce qui change, c’est l’entretien nécessaire par la suite, et à quel point vous êtes déjà investi dans telle ou telle plateforme.

DockerWindowsNAS / Proxmox
Idéal pourCeux à l’aise avec un terminalUn poste de bureau déjà allumé 24h/24Un Synology, Unraid, TrueNAS ou Proxmox déjà en place
Temps d’installation10 à 15 minutes5 à 10 minutes15 à 25 minutes
Mises à jourUne seule commandeRelancer l’installeurDepuis le magasin d’applications ou le gestionnaire de conteneurs
Nettoyage si vous arrêtezSupprimer le conteneur et les dossiersDésinstaller comme n’importe quel programme WindowsRetirer l’application ou le conteneur

Installer Jellyfin avec Docker (la méthode recommandée)

Pourquoi commencer par Docker : c’est ce que fait tourner la majorité de la communauté self-hosting en production. Une mise à jour tient en une seule commande, et désinstaller Jellyfin plus tard ne laisse pas de fichiers éparpillés dans tout le système.

  1. Installez Docker et Docker Compose si ce n’est pas déjà fait. Le site officiel de Docker propose des installeurs pour Linux, Windows et macOS.
  2. Créez trois dossiers sur votre serveur : un pour la configuration et la base de données de Jellyfin, un pour son cache de transcodage, et un dernier qui contient votre bibliothèque ou qui pointe vers vos dossiers Films, Séries et Musique existants.
  3. Enregistrez le fichier docker-compose.yml ci-dessous dans son propre dossier, et modifiez les trois chemins de volumes pour qu’ils correspondent à ce que vous venez de créer.
  4. Lancez le fichier compose depuis ce même dossier.
  5. Ouvrez l’adresse IP de votre serveur sur le port 8096 dans un navigateur et terminez l’assistant de configuration.
services:
  jellyfin:
    image: jellyfin/jellyfin:latest
    container_name: jellyfin
    user: 1000:1000
    network_mode: host
    volumes:
      - /path/to/config:/config
      - /path/to/cache:/cache
      - /path/to/media:/media
    restart: unless-stopped
docker compose up -d

network_mode: host est l’option la plus simple sous Linux puisqu’elle évite le mappage manuel des ports et s’entend bien avec la découverte réseau locale, mais elle ne fonctionne que sous Linux. Sous Windows ou macOS avec Docker Desktop, mappez plutôt les ports explicitement : 8096:8096 pour l’interface web, et 8920:8920 si vous activez HTTPS directement dans Jellyfin. L’image officielle est disponible sur Docker Hub, et une fois Jellyfin lancé, c’est aussi la manière la plus simple d’ajouter d’autres applications à côté si vous construisez une installation Docker & Conteneurs plus large.

Installer Jellyfin sous Windows

  1. Récupérez le paquet Windows depuis la documentation officielle d’installation de Jellyfin et lancez-le.
  2. Acceptez les réglages par défaut. L’installeur configure Jellyfin Server comme un service Windows, qui démarre donc automatiquement avec votre PC.
  3. Une fois l’installation terminée, ouvrez http://localhost:8096 dans un navigateur pour accéder à l’assistant de configuration.
  4. Autorisez Jellyfin dans le Pare-feu Windows si vous voulez que d’autres appareils de votre réseau puissent le voir. L’installeur le propose généralement automatiquement.

Installer Jellyfin sur un NAS ou sous Proxmox

Si vous faites déjà tourner un Synology, un Unraid, un TrueNAS Scale ou un Proxmox, Jellyfin s’installe en général sous forme de conteneur plutôt qu’en installation manuelle. Unraid le propose directement dans Community Applications. TrueNAS Scale le fait tourner comme application intégrée ou comme conteneur Docker personnalisé. Sur Synology, il faut passer par Container Manager, puisque Jellyfin ne figure pas dans le Package Center officiel. Sous Proxmox, la solution la plus propre consiste à créer un conteneur LXC qui exécute le même fichier Docker Compose que dans la section précédente, ce qui l’isole bien de vos autres VM. Si vous êtes plutôt équipé d’une Freebox Delta ou Pop, la fonction VM intégrée à Freebox OS permet aussi d’envisager Jellyfin, même si les ressources allouées restent plus limitées que sur un NAS ou un mini PC dédié. Nos dossiers Homelab et Proxmox détaillent le choix de plateforme plus en profondeur.

Terminer l’assistant de configuration

L’assistant de configuration de Jellyfin est court : cinq écrans si vous n’ajoutez qu’une seule bibliothèque.

  1. Choisissez la langue d’affichage et créez le compte administrateur. C’est un compte local : il n’y a pas d’inscription auprès de l’organisation Jellyfin.
  2. Cliquez sur Ajouter une bibliothèque multimédia, choisissez un type de contenu (Films, Séries ou Musique), et pointez-le vers le dossier correspondant dans /media.
  3. Définissez une langue pour les métadonnées et choisissez si Jellyfin doit récupérer automatiquement les jaquettes et descriptions.
  4. Dans Accès à distance, laissez « Autoriser les connexions à distance » activé mais désactivez la redirection automatique des ports. La section suivante détaille une manière plus sûre de procéder.
  5. Terminez l’assistant et connectez-vous avec le compte administrateur que vous venez de créer.

Ce que vous obtenez : Jellyfin qui scanne votre bibliothèque et génère des miniatures en arrière-plan. Une bibliothèque de quelques centaines de films termine généralement son indexation en quelques minutes sur une connexion filaire, même si la toute première récupération des jaquettes peut prendre plus de temps si votre connexion internet est lente.

Configurer l’accès à distance sans laisser la porte grande ouverte

Évitez la redirection automatique des ports. L’UPnP redirigera volontiers le port 8096 directement vers internet, ce qui veut aussi dire que n’importe qui scannant le web à la recherche de serveurs Jellyfin ouverts peut tomber sur le vôtre. Jellyfin est un logiciel activement maintenu, et ça joue dans les deux sens : ça veut aussi dire que d’éventuelles failles d’accès distant ont déjà été corrigées par le passé, comme pour n’importe quel logiciel serveur exposé directement sur internet.

Deux solutions plus sûres. Placez Jellyfin derrière un reverse proxy comme Caddy ou Nginx Proxy Manager, avec un vrai nom de domaine et un certificat HTTPS qui gère la connexion à la place de Jellyfin lui-même. Ou alors, évitez complètement d’exposer le serveur sur internet et connectez-vous via un VPN maillé comme Tailscale ou WireGuard, de sorte que votre serveur n’ait jamais le moindre port ouvert face à internet. Si vous n’avez encore jamais configuré de reverse proxy, commencez par la solution VPN : c’est celle que nous recommandons par défaut.

Jellyfin est-il vraiment plus compliqué à installer que Plex ?

Un peu, principalement parce que Plex vous fait créer un compte hébergé alors que Jellyfin saute complètement cette étape. Une fois passée la commande docker compose up, les deux assistants de configuration se ressemblent presque trait pour trait : créer un compte administrateur, ajouter des bibliothèques, attendre la récupération des métadonnées. Nous avons comparé les deux plus en détail, transcodage et accès distant inclus, dans notre comparatif Jellyfin vs Plex, si vous hésitez encore sur lequel installer.

FAQ

Quel port utilise Jellyfin ?

8096 en HTTP par défaut, et 8920 si vous activez HTTPS directement sur le serveur Jellyfin plutôt que via un reverse proxy.

Peut-on faire tourner Jellyfin sur un Raspberry Pi ?

Oui. Un Raspberry Pi 4 ou 5 gère sans problème la lecture directe pour une poignée d’utilisateurs. Le transcodage matériel reste limité sur le GPU du Pi : si vos clients ont régulièrement besoin d’un ré-encodage à la volée, un mini PC avec une puce Intel sera beaucoup plus à l’aise.

Jellyfin a-t-il besoin d’une connexion internet pour fonctionner ?

Non. Il tourne entièrement sur votre réseau local et ne communique avec aucun serveur externe. Une connexion internet est utile la première fois qu’il récupère les métadonnées et les jaquettes, mais la lecture au quotidien fonctionne très bien hors ligne.

Comment mettre à jour Jellyfin ?

Avec Docker Compose, récupérez la nouvelle image et redémarrez le conteneur. Sous Windows, téléchargez et lancez le nouvel installeur par-dessus l’ancien. Sur un NAS, la mise à jour se fait depuis le magasin d’applications ou le gestionnaire de conteneurs que vous avez utilisé à l’origine.

Jellyfin est-il vraiment gratuit ?

Oui, entièrement. Pas de palier premium, pas de module payant pour la lecture à distance, aucun compte obligatoire. Une poignée de plugins et d’applications tierces optionnels ont leurs propres tarifs, mais le serveur lui-même est gratuit et open source sous licence GPL.

Peut-on installer Jellyfin spécifiquement sur Ubuntu ou Debian ?

Oui, et Docker reste la solution la plus simple là aussi. Ubuntu embarque un noyau suffisamment récent pour le transcodage matériel sur les puces graphiques Intel dès l’installation, et le même fichier docker-compose.yml fonctionne sans modification. Si vous préférez installer le paquet .deb natif plutôt que Docker, la documentation d’installation de Jellyfin détaille la configuration du dépôt apt, y compris pour Debian.

À partir de là, nos guides Jellyfin couvrent l’installation spécifique à chaque appareil : Apple TV, Android TV, Fire Stick, Windows 11, et iPhone, et notre dossier Docker & Conteneurs regroupe d’autres applications self-hosted à faire tourner à côté.

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