Abstract violet and amber illustration representing AdGuard Home, a self-hosted network-wide DNS ad and tracker blocker

AdGuard Home

AdGuard Home est un serveur DNS qui bloque publicités et traqueurs pour tous les appareils de votre réseau à la fois, la même idée que Pi-hole, mais avec du DNS chiffré, un contrôle parental et un tableau de bord moderne intégrés dès le départ. Pointez vos appareils vers lui et il avale les domaines de tracking avant même leur résolution : aucune publicité ne se charge, puisque la requête n’obtient jamais de réponse. Développé par l’équipe derrière les bloqueurs de publicités AdGuard et le DNS public AdGuard, il tient dans un seul binaire sans dépendance, capable de tourner presque partout, d’un Raspberry Pi à un serveur complet.

D’où vient AdGuard Home

AdGuard développe des logiciels de blocage de publicités depuis 2009, en commençant par des extensions de navigateur et des applications de bureau pour Windows, Mac, Android et iOS. AdGuard Home en est la déclinaison auto-hébergée et open source : un serveur DNS autonome bâti sur le même moteur de filtrage que les serveurs DNS publics d’AdGuard, ce qui vous permet de le faire tourner sur votre propre matériel plutôt que de faire confiance au résolveur de quelqu’un d’autre. Il est écrit en Go avec un frontend React, et compile en un seul binaire statique.

Licence : AdGuard Home est distribué sous licence GPL-3.0 (GNU General Public License v3), confirmée directement depuis le fichier LICENSE du dépôt GitHub AdguardTeam/AdGuardHome, pas déduite d’un simple badge. Contrairement à l’EUPL-1.2 de Pi-hole, la GPLv3 impose que le code source reste accessible à toute personne à qui vous transmettez le logiciel ; une installation personnelle non modifiée ne déclenche pas cette obligation, qui ne s’applique qu’à partir du moment où vous redistribuez le logiciel lui-même.

En bref : Page officielle du produit adguard.com/adguard-home · GitHub AdguardTeam/AdGuardHome, 35 200+ étoiles · Version stable actuelle v0.107.77 · Image Docker adguard/adguardhome, plus de 100 millions de téléchargements

Comment AdGuard Home bloque les publicités et les traqueurs

Le même principe que n’importe quel sinkhole DNS : vos appareils lui demandent de résoudre un domaine, il vérifie ce domaine face à vos listes de blocage, et une correspondance se voit refusée plutôt que résolue. Rien ne se charge, puisque l’appareil n’obtient jamais d’adresse à laquelle se connecter. Pointez le DHCP de votre routeur vers lui et tous les appareils sont couverts automatiquement, y compris les téléviseurs connectés et les objets IoT incapables de faire tourner une extension de navigateur.

Au-delà de ce travail de base, AdGuard Home fonctionne aussi nativement comme serveur DNS-over-HTTPS, DNS-over-TLS et DNS-over-QUIC, chiffrant le trafic de bout en bout sans logiciel supplémentaire, et applique des règles par client, le SafeSearch et le contrôle parental depuis le même tableau de bord.

AdGuard Home face à Pi-hole

Les deux projets font le même travail, le sinkholing DNS, et passent tous deux des années à clamer qu’ils le font mieux que l’autre. Demandez à cinq autohébergeurs lequel choisir et vous obtiendrez six avis différents. Le README d’AdGuard Home embarque son propre tableau comparatif pour plaider sa cause ; des fils de discussion indépendants sur Reddit, Level1Techs et It’s FOSS Community s’accordent globalement sur les grandes lignes, même quand ils ne s’accordent pas sur le vainqueur :

CatégorieAdGuard HomePi-hole
LicenceGPL-3.0EUPL-1.2
Moteur principalProxy DNS maison en Godnsmasq modifié (FTLDNS)
DNS amont chiffré (DoH/DoT/DoQ)IntégréNécessite un logiciel supplémentaire (cloudflared, unbound)
Panneau d’administration HTTPSIntégréConfiguration manuelle de lighttpd
Filtres malwares, phishing et parentalIntégrésNécessite des listes de blocage non par défaut
Serveur DHCPOptionnel, intégréOptionnel, intégré
Fonctionnement sans droits rootPris en chargeNon pris en charge
Versions natives multiplateformesLinux, Windows, macOS, FreeBSD, OpenBSDLinux uniquement (Docker ailleurs)
Écosystème de listes de blocagePlus restreint, géré dans l’appliPlus large (Firebog, Gravity), communauté plus importante

Ce tableau s’appuie sur le README d’AdGuard lui-même : prenez-le pour l’argumentaire de l’éditeur, pas pour un verdict neutre. Ce qui se vérifie de façon indépendante : AdGuard Home embarque davantage de protocoles nativement et un assistant d’installation plus accueillant, tandis que Pi-hole reste minimaliste et s’appuie sur les listes de blocage de Gravity et une communauté d’outils tiers plus large. Aucun des deux ne bloque les publicités partageant le domaine du contenu lui-même, une limite du filtrage DNS, pas un défaut propre à l’un ou l’autre projet. Pour les étapes d’installation de Pi-hole et le matériel nécessaire, consultez notre test complet de Pi-hole.

Installer AdGuard Home avec Docker

AdGuard Home dispose de sa propre image Docker officielle, maintenue par l’équipe d’AdGuard, avec plus de 100 millions de téléchargements. Un fichier compose minimal :

services:
  adguardhome:
    container_name: adguardhome
    image: adguard/adguardhome:latest
    restart: unless-stopped
    volumes:
      - './work:/opt/adguardhome/work'
      - './conf:/opt/adguardhome/conf'
    ports:
      - "53:53/tcp"
      - "53:53/udp"
      - "3000:3000/tcp"
docker compose up -d

Cela couvre le blocage DNS et l’assistant de configuration initiale. D’après le guide de démarrage d’AdGuard, trois ports doivent être accessibles : 3000/tcp pour l’assistant de premier lancement, 80/tcp pour le panneau d’administration, 53/udp pour le DNS. Vous voulez aussi le DHCP ? Ajoutez 67:67/udp et 68:68/udp. Vous voulez du DNS-over-TLS, du DNS-over-QUIC ou du DNSCrypt ? Les instructions de Docker Hub détaillent le jeu complet de ports. Le premier lancement ouvre un assistant dans le navigateur pour choisir les interfaces d’écoute et créer un compte administrateur directement, sans variable d’environnement à retenir, contrairement à l’étape du mot de passe chez Pi-hole.

Matériel : AdGuard Home compile en un seul binaire Go, avec des versions officielles pour Linux, Windows, macOS, FreeBSD et OpenBSD, sur amd64, arm, arm64 et d’autres architectures, plus un guide d’installation dédié pour Raspberry Pi. Pas de moteur de base de données, pas besoin de GPU, une image légère de quelques dizaines de mégaoctets. Tout ce qui fait déjà tourner Pi-hole, un Pi Zero 2 W ou un vieux NAS, fait tourner AdGuard Home tout aussi facilement. Notre guide auto-hébergement pour débutants détaille les compromis matériels.

Nous classons AdGuard Home en difficulté Facile, comme Pi-hole, vérifié auprès de retours indépendants, pas supposé : It’s FOSS Community et Level1Techs le décrivent tous deux comme le plus simple des deux à mettre en route, en grande partie grâce à son assistant interactif qui remplace l’étape du mot de passe par variable d’environnement de Pi-hole. L’installation Docker de base tient dans un seul conteneur dans les deux cas. La complexité reste optionnelle : quels protocoles DNS chiffrés exposer, et si on lui confie ou non les tâches DHCP.

N’exposez jamais le port 53 (ni le 853, ni le 3000) à l’internet public. AdGuard Home est un résolveur DNS, et tout résolveur ouvert est une cible pour les attaques par amplification et réflexion DNS : un attaquant usurpe l’adresse d’une victime, envoie de petites requêtes à des résolveurs ouverts, et chacun répond par une réponse bien plus volumineuse. C’est aussi vrai pour AdGuard Home que pour Pi-hole : aucun des deux n’a sa place sur l’internet ouvert. Gardez-le sur votre LAN et passez plutôt par un VPN ou Tailscale pour y accéder à distance. Nous faisons la même remarque pour Vaultwarden et Nextcloud.

AdGuard Home : avantages et inconvénients

  • Bloque publicités, traqueurs, domaines de phishing et de malwares, plus le contrôle parental, dès l’installation et sans logiciel supplémentaire
  • DNS-over-HTTPS, DNS-over-TLS et DNS-over-QUIC natifs, du DNS amont chiffré sans avoir à ajouter cloudflared ou unbound
  • Gratuit et open source sous licence GPL-3.0, un seul binaire statique, versions officielles pour cinq plateformes dont Raspberry Pi
  • Ne bloque que ce que le DNS peut voir, donc les publicités partageant le domaine du contenu lui-même, YouTube étant l’exemple classique, passent quand même
  • Écosystème de listes de blocage et communauté d’outils tiers plus restreints que ceux de Pi-hole
  • Un plantage ou un redémarrage coupe le DNS pour tous les appareils qui en dépendent, le même compromis de point unique de défaillance que Pi-hole

Les alternatives à connaître

Pi-hole est le concurrent le plus direct d’AdGuard Home et fait l’objet de la comparaison complète ci-dessus, pas répétée ici. NextDNS reprend la même idée sous forme de service cloud, sans matériel nécessaire. Technitium DNS Server est une autre option auto-hébergée qui gagne du terrain auprès de ceux qui veulent un contrôle plus direct sur le DNS lui-même, puisqu’il fait tourner un résolveur récursif complet plutôt que de simplement relayer des requêtes filtrées.

Parcourez notre archive Réseau & Sécurité, ou notre archive Docker & Containers, pour plus d’outils pour votre homelab.

FAQ

AdGuard Home est-il vraiment gratuit ?

Oui. Le serveur auto-hébergé est gratuit et open source sous licence GPL-3.0. AdGuard vend séparément des produits payants (bloqueurs de publicités, VPN, DNS hébergé), mais AdGuard Home lui-même ne nécessite aucune licence.

Puis-je faire tourner AdGuard Home et Pi-hole ensemble ?

Vous le pouvez, mais c’est rarement utile puisque les deux font le même travail. La seule combinaison qui ait du sens consiste à chaîner l’un vers l’autre en amont pour profiter du DNS chiffré, même si n’en garder qu’un seul reste plus simple à gérer.

AdGuard Home a-t-il besoin d’un Raspberry Pi ?

Non. Aucun des deux projets n’en a besoin, malgré le nom de Pi-hole. AdGuard Home tourne sur n’importe quelle machine Linux allumée en permanence, NAS ou hôte Docker ; le Raspberry Pi n’est qu’une option bon marché et peu gourmande en énergie.