,

OpenMediaVault sur Raspberry Pi : le guide d’installation complet

Hard disk drives arranged on a desk, storage hardware for an OpenMediaVault NAS build

OpenMediaVault est le seul des trois grands systèmes NAS self-hosted à officiellement prendre en charge le Raspberry Pi. TrueNAS et Unraid exigent tous les deux du matériel x86-64. OMV propose des images ARM dédiées, et sur Raspberry Pi en particulier, ces images arrivent avec le dépôt de plugins omv-extras déjà installé, ce qu’il faudrait sinon ajouter à la main. Cette combinaison, une vraie interface web NAS plus un support Pi réel, explique pourquoi tant de homelabs démarrent ici plutôt que d’acheter du matériel NAS dédié. Le comparatif OpenMediaVault couvre la licence et la comparaison avec TrueNAS et Unraid ; voici le guide pratique, du flashage de l’image aux subtilités du stockage USB qui n’apparaissent qu’une fois le système en fonctionnement.

Ce qu’il vous faut

  • Un Raspberry Pi 4 ou 5, idéalement avec 4 Go de RAM ou plus une fois que des conteneurs Docker s’ajoutent au partage de fichiers
  • Une vraie alimentation, pas le premier chargeur USB qui traînait dans un tiroir. Le Pi 4 sous-alimente facilement avec des chargeurs faibles, et OMV ne gère pas mieux les redémarrages intempestifs qu’un autre logiciel NAS
  • Un SSD USB ou un boîtier de disque dur pour le stockage réel. Un boîtier ou hub alimenté compte plus qu’il n’y paraît : un seul port USB du Pi arrive rarement à alimenter fiablement un disque dur mécanique à lui seul
  • Un second disque USB ou une carte microSD rapide pour démarrer, séparée des disques de stockage
  • Un câble Ethernet. Le Wi-Fi fonctionne, mais le port Gigabit du Pi reste le choix le plus fiable pour tout ce qu’on appelle un NAS

Flasher l’image et premier démarrage

  1. Téléchargez la version Raspberry Pi correspondant à votre modèle depuis la page de téléchargement d’OpenMediaVault, pas l’ISO x86 générique. C’est une image différente, celle qui a déjà omv-extras installé.
  2. Flashez-la sur votre disque de démarrage avec Raspberry Pi Imager ou balenaEtcher.
  3. Pour une installation headless, déposez un fichier vide nommé ssh dans la partition de boot avant le premier démarrage, et ajoutez les identifiants Wi-Fi dans wpa_supplicant.conf si vous n’utilisez pas l’Ethernet.
  4. Branchez les disques de stockage et l’Ethernet, puis allumez. Le premier démarrage prend quelques minutes le temps qu’OMV redimensionne le système de fichiers et génère de nouvelles clés SSH, plus long qu’un redémarrage normal.

Se connecter pour la première fois

Trouvez l’adresse du Pi dans la liste des clients DHCP de votre routeur, ou scannez-la avec un outil comme Fing ou arp-scan ; les images Pi n’affichent pas toujours grand-chose en HDMI une fois OMV prêt. L’identifiant par défaut de l’interface web est admin / openmediavault, et le SSH utilise root / openmediavault. Changez les deux immédiatement, avant toute autre chose, puis fixez une IP statique ou une réservation DHCP sur le routeur pour que l’adresse ne bouge plus.

Stockage : pourquoi le RAID en USB demande une précaution

Le RAID mdadm fonctionne exactement pareil sur un Pi que sur n’importe quelle autre installation OMV, mais le stockage passe par USB, et l’USB tolère beaucoup moins bien qu’un disque disparaisse temporairement du bus que ne le fait le SATA. Un câble bas de gamme ou un hub non alimenté peut faire passer un disque parfaitement sain pour un membre RAID en échec, ce qui déclenche une resynchronisation qui sollicite encore plus le même bus USB déjà en cause. Pour un NAS sur Pi, un disque unique avec une vraie sauvegarde ailleurs, ou un RAID1 en miroir sur un hub alimenté avec de bons câbles, reste le choix raisonnable. Gardez le RAID 5 ou 6 pour du vrai matériel SATA.

Le formatage et le partage suivent ensuite le OMV standard : effacer et formater le disque sous Stockage, Systèmes de fichiers, créer un dossier partagé pointant dessus, activer le service SMB/CIFS, puis ajouter le partage sous Services, SMB, Partages. Les mêmes étapes que sur n’importe quelle installation OMV ; le Pi ne change rien à cette partie.

Docker via omv-extras

Comme l’image Pi a déjà omv-extras activé, installer openmediavault-compose se fait en deux clics sous Système, Plugins, au lieu de la configuration manuelle du dépôt que demande l’installation x86. Autant être honnête sur les limites : un Pi encaisse Pi-hole, quelques applications *arr et Uptime Kuma sans forcer. C’est le mauvais matériel pour l’indexation photo d’Immich ou une bibliothèque Plex qui a besoin de transcodage 4K. Ça, c’est pour un mini PC ou un vrai serveur, pas un Pi.

Les débits réels à attendre

L’Ethernet Gigabit d’un Pi 4 ou 5 pousse dans les faits autour de 110 Mo/s, et un disque USB 3.0 arrive à peu près à suivre ce rythme en transfert séquentiel, donc copier une bibliothèque média ou sauvegarder un ordinateur portable sur le réseau fonctionne bien. Ça ne rivalisera pas avec un NAS en 10GbE, et les accès aléatoires, beaucoup de petits fichiers plutôt qu’un gros transfert, sont l’endroit où le SoC du Pi et la pile de stockage USB montrent leurs limites en premier. Considérez ça comme un NAS pour une bibliothèque média familiale et des sauvegardes, pas un stockage de production partagé pour plusieurs utilisateurs simultanés intensifs.

Où ça s’intègre

Si le choix entre OMV, TrueNAS et Unraid reste ouvert, le comparatif OpenMediaVault couvre la licence, l’architecture de stockage et les cas d’usage de chacun. Et si ce Pi gère aussi Pi-hole ou Home Assistant, le guide homelab Raspberry Pi détaille ce qui tient raisonnablement sur la même carte avant que les performances n’en pâtissent.

Related guides