CasaOS
CasaOS est un système d’exploitation cloud personnel open source : on l’installe sur un PC de récupération, un Raspberry Pi, ou un mini PC comme le ZimaBoard d’IceWhale lui-même, et il transforme cette machine en serveur personnel avec un tableau de bord web, un app store intégré et une gestion de fichiers, le tout posé sur Docker. La plupart des guides homelab commencent par « d’abord, apprends Docker Compose ». CasaOS saute volontairement cette étape : une seule commande suffit à l’installer, et tout le reste se passe ensuite dans un onglet de navigateur.
Ce que fait réellement CasaOS
CasaOS est né chez IceWhale en 2020, la même équipe derrière le ZimaBoard, ce mini PC financé par crowdfunding. Leur raisonnement, tel qu’ils le présentent : personne n’avait encore conçu d’OS de serveur personnel pour des gens qui ne sont pas déjà à l’aise avec Linux et Docker. « Casa » signifie « maison » en espagnol, ce qui résume à peu près tout le cahier des charges en un mot : un tableau de bord et un catalogue d’applications pensés pour une étagère de chambre, pas une baie de serveurs.
Autant être clair sur ce qu’est vraiment CasaOS sous le capot : une couche conviviale posée sur l’écosystème Docker. Il ne développe ni son propre outil de partage de fichiers, ni son propre serveur multimédia. Il reprend des applications déjà écrites par d’autres projets et leur ajoute un installeur en un clic et un tableau de bord commun, y compris plusieurs applications qui ont déjà leur propre fiche sur ce site.
Licence : CasaOS est distribué sous licence Apache License 2.0. C’est confirmé directement par le fichier LICENSE sur github.com/IceWhaleTech/CasaOS, et c’est répété dans le pied de page du site officiel. Cette licence couvre le tableau de bord CasaOS, la gateway et les services de gestion des applications eux-mêmes, pas les applications installées via CasaOS ; chacune d’entre elles conserve sa propre licence, puisque CasaOS ne fait au fond que lancer l’image Docker de quelqu’un d’autre avec une interface plus agréable par-dessus.
Fonctionnalités principales
- Installeur en une ligne : une seule commande curl ou wget transforme une installation fraîche de Debian, Ubuntu ou Raspberry Pi OS en instance CasaOS fonctionnelle, avec un assistant de configuration. Aucun fichier Docker Compose nécessaire pour le système de base.
- App Store : plus de 20 applications basées sur Docker préinstallées, plus 50+ validées par la communauté, couvrant serveurs multimédias, clients de téléchargement et outils de productivité. La plupart s’installent en deux clics.
- Installations Docker personnalisées : tout ce qui dispose d’une image Docker Hub et d’une commande docker run peut passer par l’écran « Custom Install », y compris des applications comme Cloudreve qui ne figurent pas dans le catalogue sélectionné : le catalogue de l’app store n’est donc pas vraiment un plafond.
- Gestion de fichiers : une application Files intégrée pour parcourir, envoyer et partager ce qui se trouve sur les disques connectés, avec la possibilité d’ajouter des disques à mesure que les besoins de stockage augmentent.
- Widgets système : utilisation du CPU, de la RAM et du stockage juste à côté du statut de chaque application installée, le tout sur un seul tableau de bord, sans terminal requis.
Installer CasaOS
Voici ce qui piège pas mal de monde : CasaOS n’est pas une image Docker qu’on lance avec docker run, contrairement à Nextcloud ou Seafile. C’est un installeur au niveau du système hôte. La méthode officielle, documentée sur github.com/IceWhaleTech/CasaOS, consiste en un script en une ligne qui installe Docker lui-même s’il n’est pas déjà présent, puis déploie ses propres services (gateway, gestion des applications, stockage local, etc.) sous forme de conteneurs système tournant par-dessus.
Sur une installation Linux fraîche et supportée, ça donne :
curl -fsSL https://get.casaos.io | sudo bash
(wget -qO- https://get.casaos.io | sudo bash fait exactement le même travail si curl n’est pas disponible.) Le script prend quelques minutes, affiche l’URL du tableau de bord une fois terminé, et tout se passe ensuite dans le navigateur.
Une mise à jour ultérieure ne prend qu’un clic : Paramètres, puis Mise à jour, dans le tableau de bord. Ou depuis un terminal :
wget -qO- https://get.casaos.io/update | sudo bash
Pour désinstaller, à partir de la v0.3.3, il suffit de casaos-uninstall.
Des images Docker construites par la communauté pour faire tourner CasaOS dans un conteneur existent bel et bien. dockurr/casa en est un exemple, provenant d’un mainteneur tiers sans lien avec IceWhale. C’est une manière raisonnable d’aller tester CasaOS dans une VM pendant dix minutes. Mais IceWhale ne documente ni ne prend en charge ce mode de fonctionnement pour un usage sérieux, et il y a une bonne raison à ça : CasaOS a besoin d’un accès direct au socket Docker de la machine hôte, à ses disques et à ses services systemd. L’imbriquer dans un autre conteneur ne fait qu’ajouter une couche de complexité que l’installeur officiel a justement été conçu pour éviter.
Matériel : officiellement pris en charge sur Debian 12, Ubuntu Server 20.04 et Raspberry Pi OS, sur les architectures amd64, armv7 et arm64. Le ZimaBoard d’IceWhale est conçu pour ça, mais un vieux PC, un Intel NUC ou un Raspberry Pi 4 fonctionnent très bien aussi. Certains le font tourner sur Armbian et Alpine également, avec toutefois moins de garanties que tout se comporte comme prévu.
Prérequis
Une installation Linux supportée (Debian, Ubuntu Server et Raspberry Pi OS sont les options testées), un accès root ou sudo, et assez d’espace disque libre pour les applications qui seront installées. CasaOS installe Docker automatiquement s’il n’est pas déjà présent sur le système, donc il n’y a pas de configuration Docker séparée à gérer au préalable.
CasaOS face aux alternatives
CasaOS n’est pas vraiment en concurrence avec une application autohébergée en particulier. Il est en concurrence avec d’autres façons de transformer une machine de récupération en serveur personnel : TrueNAS Scale, OpenMediaVault, Unraid, ou tout simplement construire sa propre solution avec Docker Compose et Portainer.
- Le chemin le plus rapide d’une installation Linux vierge à un app store fonctionnel : une commande, puis un onglet de navigateur
- Gratuit et open source sous Apache-2.0, sans frais de licence, contrairement à Unraid
- Un tableau de bord vraiment épuré, pensé pour des personnes qui n’ont jamais touché à un fichier Docker Compose
- Le développement a visiblement ralenti. La dernière version stable, v0.4.15, date de décembre 2024, et le site même d’IceWhale met désormais en avant ZimaOS, un OS NAS commercial de nouvelle génération, comme la direction que prend le projet
- Moins de profondeur dans la gestion du stockage que TrueNAS Scale : pas de ZFS, rien qui approche ses outils RAID
- Aucune image Docker officielle, ce qui rend les tests dans un homelab déjà basé sur des conteneurs plus laborieux que ça ne devrait l’être
Face à TrueNAS Scale ou Unraid, CasaOS échange de la profondeur de stockage contre de la simplicité. Face à une installation Portainer et Docker Compose faite à la main, il échange de la flexibilité contre un démarrage plus facile. Nextcloud comme Filebrowser Quantum, pour prendre deux exemples, s’installent proprement via l’app store de CasaOS ou tournent tout aussi bien lancés à la main en dehors de celui-ci.
Ressources officielles
FAQ
CasaOS est-il gratuit ?
Oui. Il est open source sous licence Apache License 2.0, et il n’y a aucun frais de licence pour le tableau de bord lui-même. Les applications installées via CasaOS conservent chacune leur propre licence.
CasaOS est-il encore activement maintenu ?
Il reste open source, reste installable, et fonctionne toujours, mais le développement a clairement ralenti. Le dernier tag stable est la v0.4.15, datée de décembre 2024, avec une seule build alpha plus récente depuis. IceWhale commercialise désormais ZimaOS comme son successeur de nouvelle génération, donc autant le savoir avant de se lancer : l’attention de l’entreprise s’est en grande partie déplacée vers ZimaOS.
Faut-il connaître Docker pour utiliser CasaOS ?
Non, et c’est un peu tout l’intérêt. CasaOS installe et gère Docker à votre place, et chaque application de son store s’installe en quelques clics, sans fichier compose à écrire. Connaître Docker n’est vraiment utile que si l’option « Custom Install » est utilisée, puisqu’elle attend directement une commande docker run.
Peut-on installer CasaOS dans un conteneur Docker ?
Pas officiellement. CasaOS est conçu pour tourner directement sur la machine hôte, puisqu’il doit gérer le socket Docker et les disques de cette dernière. Des images non officielles existent pour qui veut simplement tester, mais la méthode documentée et prise en charge reste l’installeur en une ligne sur un Linux nu.