Duplicati
Duplicati est un client de sauvegarde gratuit et open source : il chiffre, compresse et envoie les fichiers de façon incrémentale vers un cloud ou une destination locale, piloté depuis une interface web. Il fait partie des rares outils self-hosted pensés pour sortir les données de leur machine hôte, vers S3, Backblaze B2, un NAS en SFTP ou une autre machine du réseau, en gardant la clé de chiffrement entre les mains de l’utilisateur. Pour un homelab qui fait tourner Nextcloud, Paperless-ngx ou une base de données précieuse, Duplicati répond à la question qui suit « c’est sauvegardé » : d’accord, mais ça part où ?
Licence : licence MIT, confirmée depuis le fichier LICENSE du dépôt GitHub duplicati/duplicati, les composants tiers restant sous leurs licences d’origine.
À retenir : site officiel duplicati.com · GitHub duplicati/duplicati, plus de 14 600 étoiles, 254 versions publiées · dernière version stable v2.3.0.1 (avril 2026) · image Docker duplicati/duplicati (officielle, Docker Hub) ou linuxserver/duplicati (communautaire, activement maintenue).
Duplicati est-il toujours activement maintenu en 2026 ?
Le rythme de développement de Duplicati revient souvent dans les forums self-hosting, surtout parce que le projet est longtemps resté en bêta pendant qu’une réécriture complète vers .NET arrivait à maturité. Cet épisode a existé, mais il appartient au passé : le dépôt GitHub affiche plus de 14 000 commits et 254 versions taguées, la dernière stable, la v2.3.0.1, publiée en avril 2026. L’image Docker officielle a été reconstruite neuf jours avant la rédaction de cette fiche, et l’image communautaire de LinuxServer.io reçoit des mises à jour hebdomadaires. Juger Duplicati sur la foi d’un vieux fil de forum, c’est travailler sur des informations périmées : le projet est stable, multiplateforme (Windows, macOS, Linux, .NET 8+), et publie régulièrement.
Ce que fait réellement Duplicati
Duplicati tourne en arrière-plan avec une interface web sur le port 8200 par défaut, où chaque tâche se configure avec un dossier source, une destination, une phrase de passe et une planification. La première exécution envoie une copie complète ; les suivantes sont incrémentales au niveau des blocs, seuls les fragments modifiés transitent sur le réseau, ce qui limite bande passante et coûts sur une connexion lente ou un cloud facturé au volume. Tout est chiffré côté client en AES-256 (ou GPG) avant de quitter la machine : même un bucket cloud public ne voit jamais de données en clair. La liste des destinations est longue : Amazon S3, Backblaze B2, Google Drive, OneDrive et Azure, Dropbox, Box, tout serveur WebDAV ou SFTP, et des dizaines d’autres backends documentés sur le site officiel. Des règles de rétention et des notifications par e-mail ou webhook en cas de succès ou d’échec complètent l’ensemble.
Avant de déployer : fixer une destination et une phrase de passe avant de créer la première tâche. Changer l’une ou l’autre en cours de route oblige à repartir de zéro. Notez la phrase de passe ailleurs que sur le serveur lui-même : Duplicati ne peut pas récupérer une sauvegarde chiffrée sans elle ; il n’existe aucune option de réinitialisation.
Installer Duplicati avec Docker
L’image officielle duplicati/duplicati reste volontairement minimale, juste les binaires nécessaires pour faire tourner le serveur, avec la configuration persistée dans /data à l’intérieur du conteneur :
$ docker run -d \
--name duplicati \
-p 8200:8200 \
-v duplicati-data:/data \
-v /path/to/source:/source \
duplicati/duplicati
Livrée telle quelle, l’interface web génère un mot de passe aléatoire au premier démarrage, visible uniquement dans les logs du conteneur, autant en fixer un explicitement. Un fichier Compose qui fixe le mot de passe et ajoute la clé de chiffrement de la base de données recommandée par la documentation officielle :
services:
duplicati:
image: duplicati/duplicati:latest
container_name: duplicati
restart: unless-stopped
ports:
- 8200:8200
volumes:
- ./data:/data
- /path/to/source:/source
environment:
- SETTINGS_ENCRYPTION_KEY=change-this-key
- DUPLICATI__WEBSERVICE_PASSWORD=change-this-password
L’alternative communautaire, linuxserver/duplicati, embarque la même application avec le mapping PUID/PGID habituel de LinuxServer.io et une arborescence de volumes légèrement différente (/config, /backups, /source), pratique si le reste d’une stack est déjà construit autour des images LinuxServer via Dockge ou Portainer. Les deux images aboutissent à la même interface web sur le port 8200 ; le choix dépend surtout de la convention de volumes déjà en place dans le homelab.
Cas d’usage en homelab
La cible évidente, c’est la sauvegarde hors site de ce qui tourne déjà en self-hosted : un dossier de données Nextcloud, une archive documentaire Paperless-ngx, une bibliothèque photo Immich, ou un dump de base de données, chiffré et envoyé vers Backblaze B2 ou le NAS d’un proche en SFTP, pour qu’une panne matérielle ne devienne pas une perte totale. Duplicati occupe aussi le terrain entre l’absence de sauvegarde et un vrai plan de reprise après sinistre : des archives planifiées et restaurables qui ne demandent plus de surveillance une fois la première tâche configurée. Il se déploie comme n’importe quel autre conteneur et s’intègre directement dans une stack pilotée via Dockge ; son rythme de publication est assez soutenu pour qu’un outil de simple notification soit un meilleur compagnon qu’un auto-updater. La fiche Watchtower explique pourquoi des redémarrages sans supervision ne conviennent pas à ce qui est stateful, tâches de sauvegarde et leurs bases de données comprises.
Duplicati face à Restic et Kopia
Restic et Kopia répondent au même problème (sauvegarde incrémentale, chiffrée, dédupliquée), mais en partant de la ligne de commande. Restic n’embarque aucune interface web : planification et supervision passent par cron et un tableau de bord monté à part. Kopia propose une interface web dans le même esprit que celle de Duplicati, plus une CLI, et devance souvent Duplicati en vitesse de restauration grâce à une déduplication adressable par contenu. L’avantage de Duplicati reste la couverture : plus de destinations prises en charge nativement, et une interface pensée pour qui préfère cliquer à travers une tâche de sauvegarde plutôt que lire une page de manuel.
| Catégorie | Duplicati | Restic | Kopia |
|---|---|---|---|
| Interface | Interface web intégrée | CLI uniquement, aucune interface fournie | Interface web et CLI |
| Licence | MIT | BSD-2-Clause | Apache License 2.0 |
| Destinations | Très large (40+ backends) | Moins nombreuses, mais couvre les principaux clouds | Large éventail, en croissance |
| Le mieux adapté à | Qui veut une interface graphique et aucun terminal pour les sauvegardes courantes | Pipelines de sauvegarde scriptés, pilotés par cron | Un compromis : interface graphique et scriptabilité |
Duplicati : avantages et inconvénients
- Gratuit et open source sous licence MIT, sans compte ni abonnement requis
- Chiffrement AES-256 côté client avant que quoi que ce soit ne quitte la machine
- Large éventail de destinations : la plupart des grands clouds, plus SFTP, WebDAV et stockage local
- L’interface web couvre planification, rétention et restauration sans passer par la ligne de commande
- Perdre la phrase de passe de chiffrement, c’est perdre la sauvegarde définitivement ; aucun chemin de récupération n’existe
- La vitesse de restauration reste en retrait par rapport à Kopia et Restic sur de très gros volumes de données
- Les années plus lentes du projet lui collent une réputation qui ne correspond plus à son rythme de publication actuel
FAQ
Duplicati est-il gratuit ?
Oui, entièrement, sous licence MIT. Il n’existe ni palier payant ni compte requis pour le logiciel lui-même.
Duplicati est-il toujours activement développé ?
Oui. Le dépôt GitHub compte plus de 14 000 commits et 254 versions publiées, la dernière version stable datant d’avril 2026 et l’image Docker officielle ayant été reconstruite au cours des deux dernières semaines.
Que se passe-t-il si j’oublie ma phrase de passe de chiffrement ?
La sauvegarde devient définitivement irrécupérable. Duplicati ne propose ni réinitialisation de mot de passe ni porte dérobée pour les archives chiffrées, c’est un choix de conception : la phrase de passe ne quitte jamais la machine locale, donc elle doit être conservée ailleurs que sur le serveur sauvegardé.
Duplicati ou Restic : lequel choisir ?
Restic convient à une installation scriptée, pilotée par cron, où le terminal fait déjà partie du quotidien. Duplicati convient mieux quand l’objectif est une interface web qui gère planification, rétention et restauration sans écrire le moindre script shell.
Duplicati reste l’une des façons les plus accessibles de mettre en place des sauvegardes chiffrées et hors site dans un homelab, sans construire un pipeline scripté à la main. Les années lentes sont derrière lui ; le rythme de publication actuel et l’image Docker officielle toujours maintenue vont dans l’autre sens. Pour tout ce dont la perte ferait vraiment mal, une installation Nextcloud, une archive Paperless-ngx, une base de données qui fait tourner un autre service, mieux vaut pointer Duplicati vers un stockage cloud ou distant plutôt que de faire confiance à un seul disque local.