Abstract purple and amber illustration representing self-hosted internet speed testing

LibreSpeed

LibreSpeed est un test de vitesse gratuit et open source que vous faites tourner sur votre propre matériel, à la place de Speedtest.net d’Ookla ou de fast.com. Il mesure le débit descendant, le débit montant, le ping et la gigue via un frontend JavaScript léger couplé à un petit backend. Comme c’est votre propre serveur qui fait la mesure, rien ne dépend de l’infrastructure de quelqu’un d’autre, de ses limites de débit ou de sa politique de données. L’auto-héberger transforme un simple « comment va mon internet aujourd’hui » en un outil permanent du homelab : rapide, privé, et capable de tester les liens entre vos propres appareils, pas seulement votre connexion à internet.

Licence : LibreSpeed est distribué sous licence LGPL-3.0 (GNU Lesser General Public License v3), confirmée directement depuis le fichier LICENSE du dépôt GitHub librespeed/speedtest, pas déduite d’un simple badge.

En bref : Site officiel librespeed.org · GitHub librespeed/speedtest, 14 900+ étoiles · Version actuelle v6.1.0 · Image Docker ghcr.io/librespeed/speedtest (officielle), également disponible en miroir sous linuxserver/librespeed sur Docker Hub.

Pourquoi auto-héberger un test de vitesse ?

Ookla et fast.com répondent bien à une seule question : quelle est la vitesse de ma connexion à internet, là, maintenant. Ce qu’ils ne peuvent pas faire, c’est tester le lien entre votre poste de travail et votre NAS, le débit réel d’un tunnel WireGuard, ou si un VLAN plafonne vraiment le trafic comme vous l’avez configuré, tout simplement parce que leurs serveurs vivent sur l’internet public, pas sur votre LAN. Ils journalisent aussi ce qu’ils voient, votre IP, votre localisation, vos résultats, et peuvent limiter le débit ou vous mettre en attente aux heures de pointe.

Une instance LibreSpeed auto-hébergée se trouve exactement là où vous la mettez. Pointez un client dessus depuis l’autre bout de la maison et vous testez votre propre réseau, pas le peering de votre FAI. Pointez-la sur un VPS et vous testez votre lien WAN comme le ferait un visiteur extérieur. Les résultats ne quittent jamais du matériel qui vous appartient, sauf si vous décidez de les partager.

Ce que LibreSpeed mesure réellement

Le test tourne entièrement dans le navigateur via XMLHttpRequest et des Web Workers : pas de Flash, pas de Java, pas de dépendance à WebSocket, une des raisons pour lesquelles il est resté aussi léger depuis que Federico Dossena l’a publié pour la première fois en 2016. Une seule exécution donne le débit descendant et montant, le ping, la gigue, et vos informations IP/FAI si vous activez cette recherche. LibreSpeed embarque aussi un test de stabilité de connexion autonome : une page qui ping une cible en continu et trace la latence et le pourcentage de requêtes échouées dans le temps, pratique pour repérer un lien instable qu’un test de dix secondes manquerait.

Installer LibreSpeed avec Docker

Le projet publie sa propre image sur GitHub Container Registry, reconstruite chaque semaine avec une base d’informations IP à jour et les correctifs de sécurité PHP courants. Pour une installation homelab mono-serveur, c’est le mode standalone qu’il vous faut :

docker run -p 80:8080 -d --name speedtest --rm ghcr.io/librespeed/speedtest

Voilà une instance complète et fonctionnelle sur le port 80. Pour tout ce que vous comptez laisser tourner sur la durée, docker compose reste plus simple à maintenir :

services:
  speedtest:
    container_name: speedtest
    image: ghcr.io/librespeed/speedtest:latest
    restart: unless-stopped
    environment:
      MODE: standalone
      TELEMETRY: "false"
      PASSWORD: "change-this-password"
    ports:
      - "80:8080"
docker compose up -d

LinuxServer.io maintient aussi une image alternative, lscr.io/linuxserver/librespeed, construite sur leur schéma habituel PUID/PGID avec un volume /config persistant, à considérer si elle s’intègre mieux à votre stack.

Configuration à connaître

Tout se pilote par variables d’environnement plutôt que par une page de réglages. TELEMETRY vaut false par défaut, donc une installation fraîche ne stocke rien tant que vous ne l’activez pas. Passez-la à true et les résultats s’écrivent dans SQLite, ou dans MySQL/PostgreSQL si vous redirigez DB_TYPE ailleurs, accessibles sur /results/stats.php derrière un mot de passe défini via PASSWORD. TITLE et TAGLINE personnalisent l’habillage, et WEBPORT change le port interne si 8080 entre en conflit avec quelque chose qui tourne déjà. Pour un homelab, la télémétrie désactivée reste le choix par défaut le plus pratique.

Ne laissez pas une instance publique grande ouverte. LibreSpeed n’a aucune authentification intégrée sur la page de test elle-même. Une instance exposée au-delà de votre LAN, un backend VPS pour tester le WAN par exemple, peut se faire marteler de trafic de test par n’importe qui la trouve, en rongeant la bande passante que vous payez. Définissez un vrai mot de passe si la télémétrie est active, et gardez l’accès distant derrière un reverse proxy ou un VPN, la même approche que couvre notre guide Jellyfin accès distant.

Matériel : LibreSpeed est l’un des logiciels auto-hébergés les plus légers qui soient. Aucun moteur de base de données requis pour un usage basique, pas de GPU, et l’image officielle tourne confortablement sur un Raspberry Pi, un vieux mini PC, ou un cœur libre sur un NAS. Le goulot d’étranglement pendant un test, c’est toujours votre lien réseau, jamais le conteneur. Vous hésitez encore sur le matériel à utiliser ? Notre guide auto-hébergement pour débutants détaille les compromis.

Cas d’usage en homelab

Pointez un navigateur vers votre instance depuis le même réseau et vous obtenez une base de référence pour votre LAN lui-même, utile avant d’accuser « internet » d’un flux Jellyfin qui rame alors que le vrai problème est un port de switch saturé. Déployez une seconde instance sur un VPS et vous pouvez tester le débit réel d’un tunnel WireGuard ou Tailscale au lieu de deviner à partir d’un transfert de fichier qui traîne. Le mode multi-points relie plusieurs backends LibreSpeed à un seul frontend, pratique pour comparer une liaison filaire à un VLAN qui porte le wifi invité, ou vérifier si un lien vers un NAS distant sature vraiment le gigabit. Rien de tout ça ne touche l’internet public, tout l’intérêt face à un test tiers.

LibreSpeed : avantages et inconvénients

  • Gratuit et open source sous licence LGPL-3.0, tournant entièrement sur du matériel que vous contrôlez
  • Aucune limite de débit, aucune publicité, aucun tiers qui regarde vos résultats
  • Fonctionne entre deux points de votre propre LAN, sans connexion internet nécessaire
  • Vraiment léger : un seul conteneur, tourne sur un Raspberry Pi sans forcer
  • Aucune authentification intégrée sur la page de test elle-même ; le contrôle d’accès vous revient entièrement
  • Les configurations multi-points (frontend plus backend) demandent davantage de configuration que l’installation standalone
  • La télémétrie a besoin d’un vrai mot de passe, sinon la page de statistiques reste inaccessible, facile à oublier au début

Les alternatives à connaître

Ookla Speedtest et fast.com restent les alternatives non auto-hébergées évidentes, et pour une simple vérification de votre connexion FAI, elles demeurent l’option la plus rapide puisque vous n’avez rien à faire tourner. OpenSpeedTest est le concurrent auto-hébergé le plus proche de LibreSpeed, tout aussi léger et basé navigateur. Pi-hole et AdGuard Home se marient bien avec LibreSpeed dans un homelab aussi, couvrant le blocage de publicités au niveau DNS avec la même simplicité mono-conteneur, et les deux ont droit à leur test complet sur ce site.

FAQ

Est-ce que LibreSpeed est aussi précis qu’Ookla Speedtest ?

Pour votre propre réseau, oui, sans doute même plus utile, puisque vous contrôlez où se trouve le serveur de test. Pour votre connexion FAI face au reste d’internet, ça dépend d’où vous déployez : un serveur LibreSpeed sur un VPS bien connecté donne des chiffres comparables à Ookla, tandis qu’une instance sur votre LAN domestique ne vous renseigne que sur votre LAN et votre lien WAN combinés, pas séparément.

LibreSpeed a-t-il besoin d’une base de données ?

Non, pas pour un usage basique. La télémétrie est optionnelle et désactivée par défaut. Activez-la et LibreSpeed bascule automatiquement sur SQLite, avec MySQL et PostgreSQL pris en charge si vous en faites déjà tourner un.

Puis-je faire tourner LibreSpeed sur un Raspberry Pi ?

Oui. C’est l’un des outils auto-hébergés les plus légers qui existent, sans GPU ni base de données lourde requise, et l’image Docker officielle tourne sur du matériel ARM sans configuration particulière.

LibreSpeed est l’une des briques les plus modestes d’un homelab, et l’une des plus utiles au quotidien : un seul conteneur qui répond à « c’est vraiment si lent que ça » chaque fois qu’un flux saccade ou qu’une sauvegarde traîne. Notre guide auto-hébergement pour débutants couvre les bases Docker dont il dépend, et Jellyfin accès distant va plus loin sur la configuration VPN qui mérite de l’accompagner. Parcourez aussi notre archive Réseau & Sécurité pour le reste de l’outillage réseau présenté ici.