Ollama vient de changer ce qui se passe quand on tape la commande ollama sans rien derrière. Deux versions sorties à cinq jours d’intervalle font passer le projet d’un simple prompt de chat local à quelque chose qui ressemble bien plus à un agent de codage tournant entièrement sur votre propre matériel : la v0.32.0, publiée le 11 juillet 2026, puis la v0.32.1, cinq jours plus tard, le 16 juillet 2026.
Du chat à l’agent, par défaut
Avant la v0.32.0, taper ollama sans argument ouvrait une invite de chat toute simple. Ce comportement par défaut lance maintenant un agent interactif, conçu pour écrire et modifier du code et déléguer des tâches, plutôt que de répondre question après question. Si vous faites tourner Ollama comme serveur API local derrière Open WebUI ou une autre interface, rien ne change de ce côté-là. Mais la CLI toute nue se comporte désormais moins comme un prompt de chat et plus comme un assistant qui s’attend à travailler depuis un dossier de projet.
Codex devient ChatGPT, et le menu de lancement se resserre
Cette même version renomme l’intégration « Codex App » en « ChatGPT ». On y accède via ollama launch chatgpt, et un nouveau flag --restore permet de revenir ensuite à votre profil ChatGPT habituel. Le menu de ollama launch a aussi été allégé : seules les intégrations les plus utilisées s’affichent par défaut, les autres restant accessibles en lançant la commande puis en parcourant la suite. Un détail en apparence, mais qui en dit long : Ollama semble vouloir faire de launch un point de départ organisé plutôt qu’un catalogue complet à chaque fois.
Des avertissements de dépréciation pour les anciens modèles agents
La v0.32.0 ajoute aussi un avertissement qui s’affiche avant de lancer certains modèles plus anciens en mode agent. Sont concernés :
- CodeLlama
- Qwen2.5 et Qwen2.5-coder
- Toute la lignée Llama 3.x
- Mistral
- StarCoder
- Le tag de base de DeepSeek-R1
Aucun de ces modèles n’est supprimé pour l’instant. Mais la CLI prévient désormais clairement qu’ils sont en sursis comme modèles agents par défaut, bon à savoir si vous avez des scripts ou de l’automatisation calés sur l’un d’eux.
Cinq jours plus tard, la v0.32.1 corrige les aspérités
Changer à ce point le mode d’interaction par défaut, ça ne passe jamais totalement inaperçu. Sans surprise, la v0.32.1 débarque avec toute une série de correctifs qui visent les frictions que le nouveau flux agent a fait remonter presque aussitôt.
Le plus visible concerne l’appel d’outils et le raisonnement multi-tours de Gemma 4 : les enchaînements d’appels sont plus fiables quand une tâche demande plusieurs allers-retours pour aboutir, plutôt qu’un seul coup. Ce point compte particulièrement pour le mode agent, puisque déléguer une tâche à un modèle ne vaut que si celui-ci sait continuer à appeler les bons outils correctement en cours de route.
Le reste tient du grand nettoyage :
- Correction d’une fuite mémoire récurrente dans le cache des modèles MLX, avec de meilleures performances sur les snapshots de cache, un point qui concerne les utilisateurs sous Apple Silicon
- Le chargement des modèles texte MLX respecte désormais le réglage
OLLAMA_LOAD_TIMEOUT, pour éviter que des modèles lents à charger soient tués prématurément sur du matériel limité - L’outil de recherche et de récupération web de l’agent invite désormais à faire
ollama signinseulement quand l’authentification est réellement nécessaire, au lieu d’échouer sans explication - L’agent interactif reçoit maintenant le répertoire de travail courant, ce qui lui donne un meilleur contexte sur le projet dans lequel il opère
- Correction du sélecteur de modèle dans
ollama launch: l’option « Choisir un autre modèle » fonctionne désormais correctement quand un modèle déprécié est passé via--model - Mise à jour de la documentation pour configurer l’extension officielle Ollama dans VS Code
Pourquoi ça compte pour les setups auto-hébergés
L’intérêt d’Ollama pour les homelabbers a toujours été le même : faire tourner des modèles capables sur son propre matériel sans envoyer ses prompts à une API tierce. Transformer la CLI nue en agent par défaut est un changement plus profond qu’une simple mise à jour mineure, et j’ai du mal à le voir autrement. Ça change ce qu’on obtient en tapant ollama dans un terminal, et ça pousse l’outil un peu plus loin sur le terrain des assistants de codage, à côté d’outils comme Aider ou des copilotes d’IDE. Sauf qu’ici, tout tourne en local.
Si vous utilisez Ollama uniquement comme backend API pour Open WebUI ou une stack équivalente, rien ne casse chez vous. Ce changement touche le comportement par défaut de la CLI nue, pas le serveur API auquel parlent la plupart des interfaces auto-hébergées. Mais si vous lancez la commande ollama directement sur la machine, l’expérience ne ressemblera plus à celle que vous connaissiez.
Mettre à jour
Les deux versions sont déjà dehors. Passer par le script d’installation officiel ou votre gestionnaire de paquets vous amène directement en v0.32.1, qui inclut tout ce qu’apportait la v0.32.0 plus les correctifs du 16 juillet. Les utilisateurs de l’image Docker ollama/ollama ont intérêt à retélécharger latest ou à épingler explicitement 0.32.1. Et comme ce changement touche le comportement par défaut de la CLI, mieux vaut vérifier vos scripts ou automatisations qui appellent ollama directement avant de déployer la mise à jour à grande échelle.