TrueNAS l’emporte sur le prix et l’intégrité des données : c’est gratuit, et ZFS vérifie chaque bloc écrit pour repérer et réparer tout seul la corruption silencieuse. Unraid l’emporte sur la flexibilité et la rapidité de mise en route : une licence payée une fois, des disques de toutes tailles et marques mélangés dans le même array, qui grandit un disque à la fois.
Les deux systèmes font au fond la même chose, transformer du matériel de récupération ou dédié en NAS, avec Docker et des VM en prime, mais ils y arrivent avec deux philosophies de stockage à l’opposé l’une de l’autre. Nos fiches TrueNAS et Unraid couvrent déjà chaque système en détail séparément. Celle-ci les met face à face et répond aux questions que les gens tapent vraiment dans Google avant d’acheter leurs disques.
🇬🇧 Ce guide est aussi disponible en anglais : TrueNAS vs Unraid: Which One Should Run Your Homelab NAS?
Verdict rapide : partez sur TrueNAS si l’intégrité des données et une licence à zéro euro comptent plus que tout, et que vos disques sont déjà à peu près assortis. Partez sur Unraid si vos disques ne sont pas assortis et que vous préférez éviter d’apprendre la planification des pools ZFS pour avoir du stockage qui marche aujourd’hui.
La vraie différence : pools ZFS contre tableau de parité
TrueNAS construit ses pools sur OpenZFS. Les disques sont regroupés en vdevs, en miroirs ou en RAID-Z, répartis en stripe pour la performance et protégés par des sommes de contrôle qui détectent la corruption silencieuse avant qu’elle ne se propage jusque dans les sauvegardes. Le compromis, c’est qu’un vdev préfère des disques assortis dès le départ et qu’une fois construit, il n’aime pas beaucoup les changements improvisés.
Unraid fait presque l’inverse. Chaque disque de données de l’array garde ses fichiers intacts au lieu de les répartir en stripe, et un ou deux disques de parité dédiés protègent le reste. Rien n’a besoin d’être assorti : un disque de 4 To, un de 8 To et un de 14 To récupérés sur trois PC différents partis à la retraite peuvent cohabiter dans le même array dès le premier jour, ce qu’un vdev ZFS n’a jamais vraiment permis. Un pool de cache BTRFS ou ZFS, optionnel, absorbe les écritures rapides avant qu’un job Mover nocturne ne les installe pour de bon sur l’array.
Aucune des deux approches n’est mauvaise, elles répondent juste à des problèmes différents. ZFS optimise pour du stockage vérifié et à haut débit, sur du matériel planifié à l’avance. L’array d’Unraid optimise pour absorber les disques que vous avez déjà sous la main, sans reconstruction.
TrueNAS vs Unraid en un coup d’œil
Le tableau ci-dessous donne la version courte. Les sections suivantes creusent les points qui pèsent vraiment sur une décision d’achat.
| Catégorie | TrueNAS | Unraid |
|---|---|---|
| Licence et coût | Gratuit, cœur LGPL-3.0 ; appliances Enterprise payantes en option | Licence perpétuelle payante : 49 à 249 $, par palier selon le nombre d’appareils |
| Moteur de stockage | OpenZFS : RAID-Z, miroirs, sommes de contrôle, snapshots | Array de parité par défaut ; pools ZFS natifs disponibles depuis Unraid 7 |
| Disques mélangés ou dépareillés | Les vdevs préfèrent des tailles assorties ; l’extension RAID-Z ajoute les disques un par un | N’importe quelle taille ou marque dès le premier jour, sans planification de pool |
| Performance | Lectures et écritures en stripe sur le vdev, débit agrégé plus élevé | Les transferts sur l’array tournent près de la vitesse d’un seul disque, sauf mise en cache |
| Applications Docker | Applications Docker Compose intégrées à la Community Edition | Community Applications, plus de 2 000 modèles, le catalogue le plus large |
| Machines virtuelles | VM KVM sur la Community Edition | VM KVM avec passthrough GPU/USB, même interface que Docker |
| Courbe d’apprentissage | Plus raide : agencement des pools et notions ZFS dès le départ | Plus douce : configuration de l’array guidée par assistant, licence mise à part |
| Convient à | Des données qu’on ne peut pas se permettre de perdre, du matériel ouvert, aucun budget licence | Des disques dépareillés, un premier NAS, un minimum de ligne de commande |
TrueNAS est-il meilleur qu’Unraid ?
Pour la protection brute des données, oui. ZFS vérifie chaque bloc à l’écriture et peut réparer automatiquement la corruption sur un pool redondant, ce que l’array par défaut d’Unraid ne fait tout simplement pas : un fichier corrompu sur un disque de l’array reste corrompu, à moins qu’autre chose ne le détecte. TrueNAS est en plus gratuit, donc « meilleur » ici ne coûte rien de plus que le temps passé à apprendre ZFS.
Ça ne fait pas d’Unraid un mauvais élève pour autant. Unraid n’a jamais cherché à être l’option la plus stricte du marché. Il a été pensé pour rendre utilisables des collections de disques disparates, sans traiter une reconstruction de stockage comme un échec en soi. Si la réponse honnête à « qu’est-ce qui compte le plus » est l’intégrité des données sur du matériel qu’on est prêt à planifier, TrueNAS est le choix le plus solide. Si c’est plutôt transformer ce qui traîne dans le tiroir à pièces détachées en stockage qui fonctionne, Unraid fait encore ça mieux que personne.
Unraid peut-il faire ce que fait TrueNAS ?
De plus en plus près. Unraid OS 7.0, sorti en janvier 2025, a ajouté un vrai support natif des pools ZFS : on peut désormais construire et faire tourner de vrais pools ZFS dans Unraid, en plus ou à la place de l’array de parité classique, avec les mêmes sommes de contrôle et la même auto-réparation sur lesquelles TrueNAS est bâti. Le chiffrement de ces pools passe par LUKS plutôt que par le chiffrement natif de ZFS, ce qui vaut d’être su si vous venez d’un environnement TrueNAS où le chiffrement au niveau du dataset est la norme.
Ce qu’Unraid ne fait toujours pas, c’est faire de ZFS le choix par défaut. L’array de parité reste la raison pour laquelle la plupart des gens achètent une licence en premier lieu, et faire tourner ZFS sur Unraid revient à accepter la même planification que ZFS a toujours demandée : des disques assortis, un agencement de vdev décidé à l’avance. TrueNAS livre ZFS comme raison d’être de l’OS, avec une Community Edition dont l’offre d’apps et de VM a fini par rattraper Unraid, et non l’inverse. Les deux font tourner Docker, les deux font tourner des VM, les deux peuvent désormais faire tourner ZFS. Ce qu’il reste, c’est le coût de licence, et lequel des deux traite ZFS comme le défaut plutôt que comme une option en plus.
Lequel est le plus facile pour un débutant ?
Unraid, et ce n’est pas vraiment une compétition pour un premier essai. L’assistant de configuration de l’array ne demande pas de réfléchir à la largeur d’un vdev ou au niveau de RAID-Z : on assigne les disques de parité et de données, et on démarre l’array. Community Applications transforme l’installation d’un conteneur Docker en un choix de modèle et un clic. Rien de tout ça n’exige de terminal.
TrueNAS n’est pas hostile, mais il impose de vraies décisions dès le départ : combien de disques par vdev, RAID-Z1 ou RAID-Z2, faut-il séparer le disque de démarrage des disques de stockage, puisque l’installateur efface tout ce qu’il cible. Se tromper tôt dans l’agencement du pool signifie en général devoir tout reconstruire, même si l’extension RAID-Z a rendu ça un peu moins tout-ou-rien qu’avant. Aucun des deux OS n’est vraiment difficile une fois les disques dans le boîtier, mais Unraid pose moins de questions avant d’en arriver là.
Est-ce que ZFS bat vraiment l’array d’Unraid en performance ?
Pour le transfert d’un gros fichier unique, en général oui. ZFS répartit lectures et écritures en stripe sur tous les disques d’un vdev, donc le débit grimpe avec le nombre de disques. L’array classique d’Unraid fait volontairement l’inverse : chaque fichier vit sur un seul disque de données, donc un transfert vers ou depuis ce disque tourne à peu près à sa vitesse propre plutôt qu’à la vitesse combinée de l’array, sauf si l’écriture passe d’abord par un pool de cache avant d’être déplacée plus tard.
Des tests indépendants confirment ce constat. Un comparatif à 40 Gbit très suivi sur YouTube entre les deux systèmes a montré le pool ZFS de TrueNAS tirer un débit nettement supérieur à celui de l’array Unraid sur le même matériel, et le résultat revient assez souvent pour que plusieurs homelabbeurs aient documenté leur passage d’Unraid à TrueNAS spécifiquement pour arrêter d’être bridés par la vitesse d’un seul disque sur une liaison 10 GbE. Rien de tout ça ne rend Unraid lent pour ce que la plupart des homelabs font vraiment au quotidien : streamer quelques fichiers 4K ou synchroniser des photos ne sature quasiment jamais ne serait-ce qu’un seul disque mécanique. Mais si le plan, c’est de saturer régulièrement une connexion 10 GbE ou plus rapide, le striping de ZFS explique pourquoi TrueNAS y arrive en premier.
Disques mélangés et extension du stockage : Unraid garde-t-il l’avantage ?
Une partie, oui, mais l’écart s’est resserré ces deux dernières années. TrueNAS a ajouté l’extension RAID-Z, qui permet d’ajouter un seul disque à un vdev RAID-Z existant, au lieu d’avoir besoin d’un jeu complet et assorti prêt avant même de commencer.
Il y a un piège : les données déjà présentes gardent leur ancien ratio de parité tant qu’elles n’ont pas été réécrites, donc l’espace supplémentaire apporté par un disque d’extension apparaît petit à petit plutôt que d’un coup. iXsystems publie un calculateur d’extension RAID-Z pour estimer cet écart à l’avance, à consulter avant de supposer qu’un disque d’extension ajoute toute sa capacité annoncée dès le premier jour.
Unraid, lui, ne demande toujours aucun de ces calculs. On insère un disque, de n’importe quelle taille, plus grand que le disque de parité ou pas, et il fait partie de l’array dès qu’il est formaté : pas d’attente de rééquilibrage, pas de calculateur à consulter. Pour quelqu’un qui vide un tiroir de disques dépareillés récupérés sur d’anciennes machines, c’est encore une vraie différence, du genre pratique et pas juste théorique. L’extension RAID-Z réduit l’écart. Elle ne l’efface pas.
TrueNAS ou Unraid : lequel acheter, concrètement ?
Choisissez TrueNAS si
- L’intégrité des données compte plus que le confort immédiat, et perdre quoi que ce soit à cause du bit rot n’est pas envisageable
- Vous avez, ou êtes prêt à acheter, des disques assortis ou de taille proche pour un vrai vdev
- Une licence à zéro euro compte à vos yeux, ou vous faites déjà tourner Proxmox VE et voulez une VM pour héberger ZFS
- Vous voulez du stockage fichier, bloc et objet, SMB, NFS, iSCSI et S3, depuis une seule plateforme
Choisissez Unraid si
- Vous avez déjà une pile de disques dépareillés et n’avez pas envie de racheter un jeu assorti pour les remplacer
- Une configuration guidée par assistant et un app store en un clic comptent plus pour vous que l’aisance en ligne de commande
- Docker et les VM doivent cohabiter avec le stockage sur la même machine, avec le moins de friction possible
- Une licence payée une seule fois vous convient mieux qu’un OS gratuit qui coûte plus de votre temps pour être bien configuré
Beaucoup de homelabs évitent tout simplement le débat du tout ou rien. Une solution courante consiste à faire tourner TrueNAS dans une VM sur une machine Proxmox, ou à installer Unraid et TrueNAS sur deux machines séparées pour deux usages différents. Notre comparatif Proxmox vs TrueNAS : NAS, virtualisation, ou les deux pour votre homelab creuse la construction combinée plus en détail, pour qui a besoin d’une seule machine gérant à la fois le stockage et la virtualisation généraliste.
FAQ
Peut-on faire tourner TrueNAS et Unraid dans le même homelab ?
Oui, et pas mal de gens le font, en général parce qu’une machine gère le stockage média en masse sur l’OS déjà en place, et qu’une seconde machine fait tourner l’autre pour un labo de VM ou un pool de test. Aucun souci de compatibilité entre les deux, puisque chacun tourne indépendamment sur son propre matériel.
Unraid vaut-il le coup d’être payant alors que TrueNAS est gratuit ?
Ça dépend de ce que vous cherchez à optimiser. Si l’alternative, c’est de passer de vraies heures à planifier un agencement de pool ZFS pour des disques qui ne sont de toute façon pas assortis, le palier d’entrée à 49 $ d’Unraid rachète ce temps-là. Si vos disques sont déjà assortis et que le budget est réellement nul, TrueNAS offre les mêmes fonctions Docker et VM gratuitement.
Unraid supporte-t-il ZFS maintenant ?
Oui, depuis Unraid OS 7.0 en janvier 2025. On peut construire des pools ZFS dans Unraid, en plus ou à la place de l’array de parité classique, avec les mêmes sommes de contrôle et la même auto-réparation sur lesquelles s’appuie TrueNAS, même si le chiffrement des pools passe par LUKS plutôt que par le chiffrement natif de ZFS.
Lequel a le meilleur catalogue d’applications Docker ?
Community Applications d’Unraid est plus large, avec plus de 2 000 modèles maintenus par la communauté et qui couvrent presque tout ce qu’un homelab fait tourner. Le catalogue d’applications basé sur Docker Compose de TrueNAS est plus petit et plus récent, mais il a grossi vite depuis que TrueNAS a quitté Kubernetes, et il couvre déjà les applications self-hosted que la plupart des gens installent réellement.
Et OpenMediaVault ou Proxmox, à la place de l’un ou l’autre ?
OpenMediaVault est l’option la plus légère : gratuite, tourne sur un Raspberry Pi, et convient à des besoins de stockage plus modestes ou plus simples que ce que ciblent vraiment TrueNAS ou Unraid. Proxmox VE, lui, n’est pas du tout un OS de NAS : c’est un hyperviseur capable d’héberger une VM TrueNAS ou Unraid à côté de tout le reste sur la même machine, ce qui est la voie que prennent beaucoup de builds combinant stockage et virtualisation.
Il n’y a pas vraiment de mauvaise réponse ici, juste un mauvais choix si vous prenez celui pensé pour un problème différent du vôtre. TrueNAS justifie son étiquette de prix en ne faisant payer aucune protection de données de niveau entreprise. Unraid justifie la sienne en évitant la planification que ZFS demande encore. Nos fiches TrueNAS et Unraid couvrent l’installation et la licence de chacun en détail, OpenMediaVault complète l’option plus légère, et le guide de démarrage homelab pour débutants est le point de départ si le matériel lui-même n’est pas encore choisi. Une fois le stockage réglé, notre stratégie de sauvegarde 3-2-1 pour homelab explique pourquoi ni un array RAID ni des snapshots ZFS ne remplacent une vraie sauvegarde.