OpenMediaVault
OpenMediaVault (OMV) est un système d’exploitation NAS gratuit et open source, bâti sur Debian Linux. TrueNAS mise tout sur ZFS. Unraid vend une matrice à parité. OMV, lui, prend le chemin le plus simple : une base Debian standard, du RAID logiciel mdadm, un système de plugins, le tout piloté depuis un navigateur. C’est aussi le seul des trois à tourner sur un Raspberry Pi.
Licence : OpenMediaVault est distribué sous licence GNU General Public License version 3 (GPL-3.0), confirmée par le fichier LICENSE-GPL3 du dépôt GitHub officiel. Pas de palier payant, pas d’édition entreprise, pas de double licence : le projet est développé par la communauté et financé par les dons au développeur principal, Volker Theile.
Infos essentielles : Site officiel openmediavault.org · Documentation docs.openmediavault.org · Code source github.com/openmediavault/openmediavault (GPL-3.0) · Version stable actuelle : OpenMediaVault 8.x « Synchrony », bâtie sur Debian 13, désormais en 8.5.1 · OpenMediaVault 7.x (« Sandworm », Debian 12) a atteint sa fin de vie en même temps que Debian 12, mi-2026.
Ce qu’est réellement OpenMediaVault
Volker Theile a lancé OpenMediaVault en 2009, après avoir travaillé sur FreeNAS, le projet FreeBSD devenu depuis TrueNAS. Plutôt qu’un énième fork BSD, il voulait une réécriture sous Linux : OMV est parti d’une base Debian, avec une première version sortie en octobre 2011. L’idée n’a pas vraiment changé depuis : une base Linux familière, une interface web en PHP et Angular par-dessus, et un cadre de plugins modulaire qui installe des services (partage de fichiers, sauvegardes, indexeur multimédia) depuis l’interface graphique plutôt que par fichier de configuration. Détail amusant : TrueNAS et OpenMediaVault sont sortis de la même base FreeNAS que Theile maintenait en 2009.
Stockage, RAID et système de plugins
Le stockage d’OMV reste Linux natif, pas centré ZFS. Le RAID logiciel passe par mdadm (niveaux 0, 1, 4, 5, 6, 10, plus JBOD), et un plugin LVM gère une gestion de volumes plus souple par-dessus. Les systèmes de fichiers par défaut sont ext4, Btrfs, XFS, JFS, NTFS et FAT32 ; ZFS n’existe qu’en plugin tiers, pas en option native. Voilà le vrai compromis face à TrueNAS : OMV suppose une aisance avec mdadm et les systèmes de fichiers Linux classiques, pas avec la planification de pools ZFS. Son catalogue de plugins, partagé entre modules officiels et dépôt communautaire omv-extras.org, couvre tout, de l’antivirus au VPN en passant par les outils multimédias.
Matériel : le minimum documenté par OMV est 1 Gio de RAM et un disque de 4 Gio pour le système (un SSD, ou une clé USB à usure statique répartie, fera mieux qu’une clé bas de gamme). Ce plancher est réel : OMV tourne avec bien moins de ressources que TrueNAS ou Unraid, même si Docker et les plugins supplémentaires demandent plus de marge en production.
Installer OpenMediaVault
Installer OpenMediaVault revient à choisir entre deux chemins : une installation dédiée depuis l’ISO, ou l’ajout d’OMV par-dessus une machine Debian déjà en place.
- Téléchargez l’ISO d’installation depuis la page de téléchargement officielle, ou exécutez le script officiel en une ligne sur une installation Debian existante (voir ci-dessous).
- Terminez la configuration de base : nom d’hôte, mot de passe root et configuration réseau.
- Ouvrez l’adresse IP attribuée dans un navigateur, connectez-vous, puis activez le dépôt omv-extras dans la section Système pour accéder au catalogue de plugins élargi.
- Constituez une matrice RAID ou un volume à disque unique avec les disques restants, ajoutez des partages SMB ou NFS, puis installez les plugins nécessaires.
wget -O - https://get.openmediavault.io | sh -
OMV veut posséder toute la machine. Sa documentation le dit sans détour : il ne tourne pas dans un conteneur et ne doit pas cohabiter avec une interface de bureau. Réservez-lui du matériel dédié ou sa propre VM, pas un coin d’une Debian généraliste qui fait déjà autre chose.
Docker, plugins et Raspberry Pi
Docker n’est pas dans l’installation de base. Pour une interface graphique, il faut activer le dépôt omv-extras.org et installer le plugin openmediavault-compose, qui ajoute une interface façon docker-compose dans OMV, sans passer par Portainer ni par un terminal. Sur PC amd64, ce dépôt s’ajoute à la main ; sur Raspberry Pi et les autres cartes ARM, les images SBC officielles d’OMV l’embarquent déjà. Détail qui compte pour beaucoup de homelabs : OMV tourne sur un Raspberry Pi, ce que ni TrueNAS ni Unraid ne font, puisqu’aucun des deux ne publie de build ARM. Pour un Pi 4 ou un Pi 5 avec quelques disques USB branchés, OMV reste l’une des rares options à offrir une vraie interface web derrière.
Cas d’usage en homelab
OMV trouve naturellement sa place sur un petit NAS basse consommation : un Raspberry Pi ou un vieux mini PC, deux ou trois disques en RAID1 mdadm, qui partage des fichiers en SMB avec le reste de la maison. Il fonctionne aussi bien comme VM légère dans Proxmox VE, pour gérer du stockage et quelques conteneurs, sans l’appétit en RAM de ZFS ni le coût de licence d’Unraid, pour ce qui reste au fond un volume de données modeste.
OpenMediaVault vs. TrueNAS vs. Unraid vs. Synology/QNAP
Les adeptes du homelab qui comparent OpenMediaVault ont en général TrueNAS, Unraid et Synology/QNAP sur la même liste.
| Catégorie | OpenMediaVault | TrueNAS | Unraid | Synology/QNAP |
|---|---|---|---|---|
| Coût | Gratuit, GPL-3.0 | Gratuit, cœur sous LGPL-3.0 | Payant, 49 – 249 $ à vie | Appliance propriétaire, souvent avec abonnements |
| Stockage | RAID logiciel mdadm, LVM, ZFS via plugin | Tout ZFS : RAID-Z, miroirs, sommes de contrôle | Matrice à parité, disques dépareillés | RAID propriétaire (SHR/QTS) |
| Applications | Docker via le plugin compose d’omv-extras | Apps Docker Compose plus VM KVM | Docker via Community Applications, plus VM KVM | Boutique d’apps du fabricant, support Docker partiel |
| Matériel | x86 et ARM, y compris Raspberry Pi | x86-64 uniquement, 8 Go de RAM minimum | x86-64 uniquement | Matériel propriétaire verrouillé au fabricant |
| Idéal pour | NAS basse consommation et builds Raspberry Pi | Intégrité des données, liberté de matériel | Disques dépareillés, débutants Docker | Matériel clé en main, configuration minimale |
OpenMediaVault : avantages et inconvénients
- Gratuit et entièrement open source sous GPL-3.0, sans palier payant nulle part dans le projet
- Tourne sur du matériel modeste, y compris Raspberry Pi et autres cartes ARM que TrueNAS et Unraid ignorent
- Bâti sur Debian : gestion des paquets et support matériel familiers à quiconque a déjà touché à Linux
- Des plugins modulaires couvrent le partage de fichiers, les sauvegardes et les VPN sans quitter l’interface web
- Docker demande le dépôt tiers omv-extras et son plugin compose ; rien n’est intégré nativement
- ZFS reste un plugin rapporté, pas la couche de stockage native et auto-réparatrice qui fait l’ADN de TrueNAS
- La qualité des plugins varie, beaucoup venant de mainteneurs communautaires plutôt que de l’équipe principale
- Moins de finition prête à l’emploi qu’une appliance NAS commerciale : personne n’est payé pour peaufiner les réglages par défaut
FAQ
Est-ce qu’OpenMediaVault est gratuit ?
Oui. Le projet est entièrement open source sous GPL-3.0, sans palier payant ni fonctionnalité verrouillée. Il vit des contributions de la communauté et des dons versés à Volker Theile, son développeur principal.
Est-ce qu’OpenMediaVault tourne sur un Raspberry Pi ?
Oui, et c’est l’une des principales raisons de le choisir plutôt que TrueNAS ou Unraid. OMV prend en charge l’ARM en plus du x86-64, avec des images Raspberry Pi dédiées qui embarquent même le dépôt omv-extras préinstallé. Ni TrueNAS ni Unraid ne publie de build ARM.
Est-ce qu’OpenMediaVault peut faire tourner des conteneurs Docker ?
Oui, mais pas par défaut. Il faut activer le dépôt omv-extras.org et installer le plugin openmediavault-compose pour obtenir une interface Docker Compose à l’intérieur d’OMV. Ce dépôt est déjà présent sur les images Raspberry Pi ; sur PC amd64, il faut d’abord l’ajouter.
La difficulté Medium d’OpenMediaVault tient moins à son interface web, franchement facile à prendre en main, qu’à ce qu’elle cache derrière : du RAID mdadm, une base Debian qui réclame parfois un terminal, et un support Docker qui dépend d’un dépôt tiers plutôt que d’être intégré par défaut. C’est le bon choix pour un Raspberry Pi ou une petite machine dédiée à une seule tâche ; TrueNAS ou Unraid prennent le relais dès qu’il s’agit d’un hôte Docker plus lourd ou d’une grosse bibliothèque multimédia. OMV s’accorde avec le matériel couvert dans notre guide complet pour monter votre premier homelab.