Dashy
Dashy est un tableau de bord auto-hébergé et gratuit qui transforme chaque favori, service interne et vérification de statut d’un homelab en une seule page d’accueil personnalisable. Codé en Vue.js, il se configure via un fichier YAML, un éditeur visuel intégré, ou les deux en même temps. Petite mise au point avant d’aller plus loin : ce Dashy n’a rien à voir avec le pro esport Call of Duty du même nom, ni avec l’adjectif du Merriam-Webster qui signifie « fringant », ni avec l’extension de navigateur dashyapp.com qui remonte dans les mêmes résultats pour « dashy dashboard ». Celui qui nous intéresse ici est le projet open source d’Alicia Sykes, publié pour la première fois en 2021 et encore mis à jour la plupart des semaines, pensé pour qui préfère cliquer sur une tuile plutôt que rouvrir dix onglets de favoris pour retrouver les autres applications de son homelab.
Licence : Dashy est publié sous licence MIT, vérifiée directement dans le fichier LICENSE du dépôt GitHub lissy93/dashy, copyright 2019-2026 Alicia Sykes. Elle est courte et permissive : usage commercial, modification et redistribution sont autorisés, sans palier payant, double licence, ni télémétrie à désactiver.
En bref : Site officiel dashy.to · GitHub lissy93/dashy, plus de 25 400 étoiles et 1 850 forks · image Docker lissy93/dashy sur Docker Hub (plus de 10 millions de pulls, 81,5 Mo), aussi disponible sur GHCR sous ghcr.io/lissy93/dashy · port du conteneur par défaut 8080 · builds multi-architecture pour amd64, arm64 et arm/v7.
Ce que Dashy fait vraiment
Chaque installation de Dashy démarre à partir d’un seul fichier, conf.yml, organisé en quatre sections : pageInfo pour le titre du tableau de bord, appConfig pour les réglages globaux comme les thèmes et l’authentification, sections pour la grille de tuiles à proprement parler, et un tableau pages facultatif pour les dashboards multi-pages. Les tuiles peuvent être de simples liens, ou piocher parmi plus de 50 widgets intégrés qui affichent des données en direct : météo, statistiques système, flux RSS, ou même le statut d’une autre application auto-hébergée.
Là où Dashy se distingue d’un outil tout-YAML, c’est que conf.yml n’est pas l’unique porte d’entrée. Sa propre documentation compare quatre méthodes d’édition côte à côte : modifier le YAML à la main (5 sur 5 en fiabilité, mais seulement 3 sur 5 en facilité d’usage, de leur propre aveu), un éditeur JSON dans l’interface, un mode entièrement visuel où l’on clique sur n’importe quel élément pour le modifier, et une API REST pour scripter les changements. La vérification de statut fonctionne de deux façons : un contrôle HTTP qui interroge l’URL d’un service pour afficher un point de couleur, et un vrai ping ICMP pour les hôtes sans serveur web du tout. Côté authentification : mot de passe haché, Keycloak, HeaderAuth et OIDC, avec la prise en charge multi-émetteurs ajoutée dans une version récente.
Installer Dashy avec Docker
La documentation de démarrage rapide de Dashy mise sur Docker Compose, en tirant l’image depuis Docker Hub par défaut. Le fichier compose fourni par le projet mentionne aussi GHCR comme registre alternatif pour le même build multi-architecture, et ajoute un healthcheck intégré que ni Homarr ni Heimdall ne proposent dans leurs exemples compose respectifs :
services:
dashy:
image: lissy93/dashy:latest
container_name: dashy
ports:
- 8080:8080
volumes:
- ./dashy/user-data:/app/user-data
environment:
- NODE_ENV=production
restart: unless-stopped
healthcheck:
test: ["CMD", "node", "/app/services/healthcheck.js"]
interval: 1m30s
timeout: 10s
retries: 3
- Enregistrez le fichier, puis lancez docker compose up -d dans le même répertoire.
- Créez le dossier user-data monté avant le premier démarrage : le fichier conf.yml qu’il contient est le seul fichier réellement requis par Dashy.
- Ouvrez http://[ip-du-serveur]:8080 : Dashy démarre avec une configuration de départ, prête à modifier via l’éditeur visuel ou à la main.
- Lancez le validateur de configuration intégré dès qu’une modification manuelle du YAML mérite une vérification avant de reconstruire le conteneur.
docker exec -it dashy yarn validate-config
Remarque de sécurité : Dashy a corrigé une faille XSS dans le paramètre d’URL de workspace avec sa version 4.3.7 (GHSA-58mp-4qr3-vmrc). Bon signe pour la réactivité du projet sur les correctifs, et rappel au passage qu’un tableau de bord qui pointe vers tous les autres services d’un réseau reste une cible intéressante pour qui voudrait s’y introduire. Gardez-le hors d’internet : reverse proxy avec sa propre authentification, ou VPN maillé comme Tailscale, plutôt qu’un port 8080 exposé directement.
Cas d’usage en homelab
La mission de base de Dashy reste la même que pour n’importe quel tableau de bord homelab : remplacer un dossier de favoris du navigateur par une grille de tuiles unique, accessible depuis n’importe quel appareil du réseau. Ses vérifications de statut et de ping ajoutent une fine couche de supervision en un coup d’œil, mais comme les widgets de Homarr, ça reste un confort, pas un remplaçant pour un vrai historique de disponibilité et de vraies alertes. Associer Dashy à Uptime Kuma pour la supervision, et à Portainer pour gérer les conteneurs derrière ces tuiles, couvre ce qu’une grille de liens n’a jamais eu vocation à faire seule.
Dashy face aux autres tableaux de bord self-hosted
Dashy a une place bien précise parmi les tableaux de bord auto-hébergés : plus configurable que la simplicité en quelques clics de Heimdall, mais sans la clé de chiffrement obligatoire ni la création de compte imposées par Homarr avant le premier démarrage. Homarr échange le YAML contre du glisser-déposer avec des comptes utilisateurs intégrés ; Heimdall reste proche d’une simple grille de favoris avec une authentification par mot de passe partagé basique ; Dashy propose un fichier YAML et une interface en même temps, flexible, mais qui mérite quand même un détour par la documentation avant de supposer que l’éditeur visuel couvre tout.
| Dashy | Homarr | Heimdall | Homepage | |
|---|---|---|---|---|
| Configuration | YAML, éditeur JSON via l’UI, ou éditeur visuel | Interface en glisser-déposer | Interface simple | Fichiers YAML |
| Authentification intégrée | Comptes, Keycloak, HeaderAuth, OIDC | Identifiants, OIDC, LDAP | Basique (htpasswd) | Aucune |
| Vérifications statut/ping | HTTP + vrai ping ICMP | Par widget, pas d’ICMP | Aucune intégrée | Longue liste par service |
| Bibliothèque de widgets/intégrations | 50+ widgets intégrés | 40+ intégrations | 145 Enhanced Apps (données seules) | Liste très large |
| Idéal pour | Configurabilité sans perdre l’interface | Puissance et simplicité réunies | Simplicité, empreinte minimale | Power users YAML |
Nous avons déjà couvert Homarr et Heimdall plus en détail, si l’un des deux bouts de ce compromis (glisser-déposer complet avec comptes, ou grille de favoris minimale) convient mieux à un homelab que le juste milieu de Dashy. Son concurrent le plus proche en dehors du tout-YAML est sans doute Homepage, assez populaire pour que les fils r/selfhosted débattent régulièrement de basculer de l’un à l’autre, même si Homepage se passe complètement d’authentification intégrée et mise encore plus sur la configuration écrite à la main.
Dashy : avantages et inconvénients
- Gratuit et open source sous licence MIT, sans compte, palier payant ni télémétrie
- Configuration vraiment flexible : YAML à la main, éditeur JSON dans l’interface, ou éditeur visuel en glisser-cliquer
- Vérifications HTTP et vrai ping ICMP intégrés, sans widget séparé juste pour le statut basique d’un hôte
- Versions fréquentes et correctifs de sécurité rapides, dont une faille XSS corrigée dans la même ligne de version
- La configuration la plus poussée (fournisseurs d’authentification, réglage fin des vérifications de ping, règles de visibilité par élément) reste dans le YAML ; l’éditeur visuel couvre les bases, pas toute la référence
- L’authentification par mot de passe haché côté client est explicitement signalée par la doc de Dashy comme inadaptée à un usage vraiment critique sans une méthode supplémentaire
- Les versions récentes du changelog sont écrites et fusionnées presque entièrement par une seule personne, Alicia Sykes : à garder en tête côté facteur bus, malgré 1 850+ forks et un espace Discussions actif
FAQ
Dashy est-il gratuit ?
Oui, entièrement, sous licence MIT, sans palier payant, compte requis ni télémétrie. Les plateformes tierces qui proposent l’hébergement de Dashy en un clic facturent l’hébergement, pas le logiciel.
Dashy est-il toujours maintenu ?
Oui, activement. GitHub montre des pushes récents sur la branche principale, l’image Docker Hub a été reconstruite il y a moins d’une journée au moment d’écrire ces lignes, et le changelog aligne un rythme soutenu de versions mineures sur les lignes 4.3.x et 4.4.x, dont un correctif la même semaine pour une faille XSS (GHSA-58mp-4qr3-vmrc). Côté étoiles, c’est aussi le plus populaire des trois : plus de 25 400, contre plus de 9 200 pour Heimdall et environ 4 000 pour Homarr.
Dashy vs Homarr vs Heimdall : lequel choisir ?
Heimdall, si l’objectif est une grille de favoris réglée une fois puis oubliée, avec l’empreinte la plus légère des trois. Homarr, si une interface en glisser-déposer et des comptes utilisateurs intégrés comptent plus que la flexibilité YAML. Dashy, si aucun des deux extrêmes ne convient : c’est le seul des trois à offrir à la fois une configuration YAML complète, un éditeur visuel, et un choix d’authentification plus large incluant OIDC, au prix d’une documentation plus dense à apprendre.
Peut-on faire tourner Dashy sans l’exposer sur internet ?
Oui, et c’est même la configuration recommandée pour un tableau de bord qui pointe vers tous les autres services d’un homelab : réseau local, ou accès uniquement via un VPN maillé comme Tailscale, plutôt qu’un port 8080 ouvert sur internet. L’authentification intégrée protège les connexions à Dashy lui-même, pas les services vers lesquels il pointe.
Le point fort de Dashy, c’est la flexibilité : la même installation peut rester une grille de favoris montée en cinq minutes, ou devenir une page d’accueil thématisée, multi-pages et à authentification unique, selon la portion de la documentation vraiment lue. C’est le même compromis face à Homarr et Heimdall : plus à configurer et à apprendre, contre moins de murs à contourner plus tard si un homelab a besoin de quelque chose de plus spécifique que ce que les deux autres proposent par défaut. Notre guide complet pour monter votre premier homelab couvre les bases Docker sur lesquelles reposent les trois, et associer l’un d’eux à Portainer et Uptime Kuma complète la gestion des conteneurs et les alertes de disponibilité.