Immich est une plateforme open source et auto-hébergée pour sauvegarder, organiser et parcourir photos et vidéos sur un serveur que vous contrôlez, plutôt que chez Google ou Apple. Installez l’application mobile, pointez-la vers votre serveur, et elle sauvegarde vos nouvelles photos en arrière-plan, le même confort qui a fait la réputation de Google Photos, sans l’abonnement ni l’entraînement d’un modèle sur vos souvenirs. Un service de machine learning dédié ajoute ce que la plupart des outils photo auto-hébergés laissent de côté : une vraie reconnaissance faciale et une recherche en langage naturel, calculées localement.
D’où vient vraiment Immich
Immich existe en tant que dépôt GitHub public depuis février 2022, lancé par le développeur Alex Tran comme projet personnel pour retrouver le confort de Google Photos sans le compte qui va avec (le nom de package de l’application Android, app.alextran.immich, porte toujours son nom). Le projet a rejoint FUTO en mai 2024 comme projet financé à temps plein. Le dépôt a depuis dépassé les 102 000 étoiles, avec une version majeure v3.0.0 sortie le 1er juillet 2026 et son propre guide de migration depuis la v2.
Licence : Immich est distribué sous licence GNU Affero General Public License v3.0 (AGPL-3.0), confirmé directement dans le fichier LICENSE du dépôt GitHub, pas supposé à partir d’un badge. Pour une installation personnelle non modifiée, l’AGPL n’impose de partager le code source que si vous modifiez Immich et faites tourner cette version modifiée comme service public pour d’autres.
En bref : Site officiel immich.app · GitHub immich-app/immich, 102 000+ étoiles · Version majeure actuelle v3.0.0 (juillet 2026).
Ce qui distingue vraiment Immich d’une simple galerie photo
Beaucoup d’applications auto-hébergées savent afficher un dossier d’images. Ce qu’Immich fait, et qu’une simple galerie, y compris l’application Photos de Nextcloud, ne tente même pas, c’est faire tourner du vrai machine learning sur votre bibliothèque. Un conteneur immich-machine-learning séparé gère deux tâches : la Smart Search convertit vos photos et une phrase tapée, « chien sur une plage », en embeddings CLIP, sans tag manuel ; la reconnaissance faciale regroupe les visages comme le fait Google Photos. Notre guide des meilleurs outils IA auto-hébergés détaille ce conteneur, y compris comment le décharger sur du matériel plus puissant.
L’application mobile est l’autre vraie différence : autorisez l’accès aux photos et elle sauvegarde automatiquement les nouvelles photos et vidéos en arrière-plan, pas seulement quand vous pensez à ouvrir un onglet de navigateur. Vous pouvez restreindre la sauvegarde à certains albums, les faire correspondre à des albums serveur, et libérer de l’espace en supprimant du téléphone les originaux déjà sauvegardés. L’application Photos de Nextcloud, elle, reste une galerie pour consulter des images déjà synchronisées via Files, pas un pipeline de sauvegarde construit autour de votre pellicule.
Installer Immich avec Docker
La configuration Docker Compose d’Immich est plus lourde qu’une application mono-conteneur, et c’est voulu. Le docker-compose.yml officiel assemble quatre services :
- immich-server : l’API et l’interface web (port 2283)
- immich-machine-learning : Smart Search et reconnaissance faciale, isolé pour être déchargé ou accéléré matériellement à part
- redis : fait tourner Valkey, un fork compatible Redis, pour la file de tâches et le cache
- database : PostgreSQL, mais une image personnalisée avec les extensions de recherche vectorielle dont Smart Search a besoin
La mise en place consiste à télécharger deux fichiers plutôt qu’à en écrire un de zéro :
mkdir ./immich-app && cd ./immich-app
wget -O docker-compose.yml https://github.com/immich-app/immich/releases/latest/download/docker-compose.yml
wget -O .env https://github.com/immich-app/immich/releases/latest/download/example.env
Modifiez .env pour l’emplacement de stockage et un mot de passe de base de données, puis lancez la stack :
docker compose up -d
Matériel : la page des prérequis d’Immich indique un minimum de 6 Go de RAM (8 recommandés) et 2 cœurs CPU (4 recommandés), nettement plus qu’une appli mono-conteneur comme Vaultwarden n’en demande. Depuis la v3, le conteneur ML exige un CPU compatible x86-64-v2, courant depuis 2012, et la doc d’Immich admet que la stack peut être trop lourde pour un Raspberry Pi. Postgres doit vivre sur du SSD local, jamais un partage réseau : si votre stockage tourne sous TrueNAS ou Unraid, gardez cette base sur un volume local rapide plutôt que sur le NAS partagé. Notre guide de configuration homelab pour débutants détaille ces compromis.
Cette combinaison explique le classement d’Immich en Avancé plutôt qu’en Intermédiaire. C’est un cran au-dessus de Vaultwarden ou de l’image simple de Nextcloud, qui démarrent tous deux sur presque n’importe quoi avec Docker installé, et un cran au-dessus de la voie AIO de Nextcloud : AIO cache sa stack multi-conteneurs derrière un mastercontainer et des cases à cocher, alors qu’Immich vous fait éditer le fichier compose et maintenir vous-même quatre services interdépendants. Rien d’exotique si vous connaissez Docker Compose, mais un plancher documenté de 6 à 8 Go de RAM écarte des cartes sur lesquelles d’autres applis auto-hébergées tournent sans problème.
N’exposez pas Immich sur internet via un port redirigé brut, même règle que pour toute application auto-hébergée contenant des données personnelles. Placez un reverse proxy devant, ou passez par un VPN maillé comme Tailscale. Notre guide d’accès distant pour Jellyfin couvre les deux approches, valables aussi pour Immich.
Immich : avantages et inconvénients
- De vraies fonctionnalités IA, recherche sémantique et reconnaissance faciale, qui tournent entièrement sur votre propre matériel
- Application mobile avec une vraie sauvegarde automatique en arrière-plan, pas seulement un envoi manuel
- Projet qui avance vite, financé par FUTO, plus de 102 000 étoiles GitHub et des sorties fréquentes
- Gratuit et entièrement open source sous AGPL-3.0, aucune fonctionnalité derrière un paywall
- Une stack Docker à quatre services avec un vrai plancher matériel minimum (6-8 Go de RAM)
- Un rythme de sorties rapide qui entraîne parfois des changements cassants entre versions majeures
- Aucun contrat de support officiel, vous êtes votre propre service informatique
- Une base de données Postgres à sauvegarder correctement, pas un simple fichier SQLite
Ce dernier point mérite d’être pris au sérieux : les photos qu’Immich héberge sont irremplaçables, et une vraie stratégie de sauvegarde 3-2-1 compte bien plus ici qu’un snapshot ZFS ou une grappe RAID en bonne santé.
Immich face aux alternatives
Face à Google Photos ou Amazon Photos, c’est l’arbitrage habituel : plus d’abonnement et personne n’entraîne de modèle sur votre bibliothèque, en échange de la responsabilité de vos propres sauvegardes. Face à Nextcloud, c’est moins une compétition qu’une question de ce que vous cherchez à résoudre :
| Immich | Nextcloud Photos | Google Photos | |
|---|---|---|---|
| Recherche IA visages & objets | Oui, en local | Non | Oui, dans le cloud |
| Sauvegarde mobile automatique | Oui, application dédiée | Via l’application de synchro de fichiers de Nextcloud | Oui |
| Auto-hébergé | Oui | Oui | Non |
| Coût dans la durée | Votre propre matériel | Votre propre matériel | Abonnement au-delà du palier gratuit |
Beaucoup de homelabbeurs font tourner les deux en parallèle. PhotoPrism est l’autre nom qui revient dans la même phrase, un gestionnaire de photos open source assisté par IA, même si la sauvegarde mobile et la reconnaissance faciale d’Immich sont généralement plus abouties.
FAQ
Immich est-il vraiment gratuit ?
Oui. Le serveur, l’application mobile et toutes les fonctionnalités principales, reconnaissance faciale et recherche intelligente incluses, sont gratuites sous AGPL-3.0. FUTO vend une « clé produit » optionnelle, en paiement unique, pour soutenir le développement ; elle ne débloque rien que la version gratuite n’ait déjà.
Immich est-il aussi bon que Google Photos ?
Pour la sauvegarde et la recherche, sans doute meilleur, puisque la recherche tourne entièrement hors ligne. Vous perdez la vitesse du CDN de Google ; vous gagnez l’absence de plafond de stockage lié à un abonnement.
Est-il prudent d’exposer Immich sur internet ?
Seulement derrière un reverse proxy avec un vrai certificat TLS, idéalement avec une authentification en plus. Un port redirigé brut, c’est la garantie de se faire scanner en quelques jours.
Faut-il un GPU pour faire tourner Immich ?
Non. Immich tourne très bien sur CPU seul ; un GPU accélère seulement l’indexation Smart Search et la reconnaissance faciale sur de grosses bibliothèques.
Quelle est la vraie différence entre Immich et l’application Photos de Nextcloud ?
Nextcloud Photos est une galerie pour parcourir des images déjà synchronisées dans Nextcloud Files. Immich est un pipeline de sauvegarde avec sa propre application mobile, un envoi automatique en arrière-plan, et une recherche IA intégrée dès le départ.