Jellyfin est entièrement gratuit et open source, sans aucune barrière de paiement nulle part, transcodage matériel et applications officielles compris. Emby s’installe gratuitement lui aussi, mais tout ce qui lui donne cette finition professionnelle, transcodage accéléré par le matériel, téléchargements hors ligne sur mobile, DVR, et plusieurs applications natives, se cache derrière l’abonnement payant Emby Premiere, facturé 4,99 $ par mois, 54 $ par an, ou 119 $ en paiement unique à vie.
🇬🇧 Ce guide est aussi disponible en anglais : Jellyfin vs Emby
Précision importante : tout ce qui suit concerne l’hébergement d’un serveur multimédia pour votre propre bibliothèque acquise légalement, DVD et Blu-ray que vous avez rippés, vidéos de famille, photos, musique achetée. Ni Jellyfin ni Emby n’héberge, n’indexe ou n’aille chercher du contenu ailleurs que sur vos propres disques, et ce guide ne touche ni aux torrents, ni à l’IPTV, ni aux services debrid.
Pourquoi Jellyfin et Emby se ressemblent-ils autant ?
Si l’interface de Jellyfin vous rappelle furieusement celle d’Emby, ce n’est pas un hasard, c’est une histoire commune. Jellyfin est né en décembre 2018 d’un fork de la dernière version pleinement open source d’Emby, la 3.5.2, mis sur pied par un groupe de contributeurs bénévoles au moment où Emby a annoncé que sa prochaine version majeure passerait en propriétaire fermé. L’historique officiel du projet Jellyfin raconte davantage qu’un simple désaccord de licence : une barrière de paiement était déjà apparue pour les utilisateurs gratuits dans une version 3.x antérieure, le code client et serveur se refermait progressivement, et l’équipe derrière Emby se montrait de moins en moins réceptive aux contributions extérieures. Emby a continué de développer son propre produit avec un modèle économique attaché, et les deux projets avancent en parallèle depuis. Ils partagent la même ascendance et une bonne partie de leur ADN d’interface, mais presque plus aucun code commun aujourd’hui. D’où, encore aujourd’hui, cette impression de déjà-vu quand on bascule de l’un à l’autre, au point de confondre parfois une capture d’écran de Jellyfin avec une capture d’écran d’Emby.
Jellyfin vs Emby en un coup d’œil
Voici la version courte, avant qu’on détaille chaque ligne une par une.
| Jellyfin | Emby | |
|---|---|---|
| Coût | 100 % gratuit, pour toujours | Serveur de base gratuit ; Emby Premiere coûte 4,99 $/mois, 54 $/an, ou 119 $ à vie |
| Licence | Open source (GPL-2.0) | Propriétaire, source disponible depuis 2018 |
| Transcodage matériel | Gratuit pour tout le monde | Nécessite Emby Premiere |
| Applications officielles | Desktop, Android, iOS, Android TV/Fire TV, Roku, WebOS, Tizen, Xbox | Android, iOS, Fire TV, Apple TV, Android TV, Xbox One, PS4, TV connectées |
| Apple TV | Pas d’application officielle (Infuse, Swiftfin ou Reefy à la place) | Application native |
| TV en direct & DVR | Gratuit, intégré via des extensions | TV en direct gratuite ; DVR complet nécessite Premiere |
| Accès à distance | Entièrement auto-hébergé, aucun compte requis | Compte Emby Connect optionnel qui simplifie l’appairage |
| Téléchargements hors ligne mobile | Selon le client utilisé | Nécessite Emby Premiere |
| Catalogue d’extensions | Large et activement développé | Plus restreint, sélection plus stricte |
La suite de ce guide détaille chacune de ces lignes, en commençant par celle qui intéresse le plus de monde en premier : le coût.
Coût et licence : Emby est-il vraiment gratuit ?
Jellyfin n’a aucun palier payant, nulle part. Absolument toutes les fonctionnalités, y compris celles qu’Emby facture, sont incluses gratuitement sous la licence open source de Jellyfin, GPL-2.0 sur le dépôt principal du serveur, et ça a toujours été le cas.
La page tarifs officielle d’Emby propose trois formules pour Emby Premiere : 4,99 $ facturés au mois, 54 $ pour l’année (environ 4,50 $ par mois), ou une licence à vie à 119 $ en paiement unique, valable pour jusqu’à 30 appareils dans un même foyer. Premiere, c’est ce qui débloque le transcodage accéléré par le matériel, la synchronisation hors ligne vers téléphones et tablettes, le DVR et les enregistrements programmés, la conversion automatique de contenu, les traitements de pochettes, et quelques extras comme le support CarPlay/Android Auto et le contrôle vocal via Alexa ou Google Home.
Ce qui n’est pas verrouillé : la lecture de base d’Emby n’est pas derrière une barrière de paiement. Vous pouvez faire tourner Emby entièrement gratuitement et streamer vers son application web et la plupart des clients sans jamais acheter Premiere ; l’abonnement débloque les extras ci-dessus, pas le streaming de base en lui-même.
Payer pour Emby améliore-t-il vraiment le transcodage ?
Le transcodage, c’est ce qui se produit quand un fichier doit être converti ou redimensionné à la volée, par exemple un fichier 4K lu sur un téléphone via une connexion lente, plutôt que diffusé tel quel. Jellyfin donne à chaque utilisateur un accès gratuit au transcodage accéléré par le matériel sur le matériel Intel, NVIDIA et AMD pris en charge, sans palier requis. Emby verrouille cette même accélération matérielle derrière Emby Premiere, si bien qu’une installation Emby gratuite retombe sur un transcodage logiciel plus lent.
Un vrai chiffre, pas un argument marketing : sur le forum communautaire d’Emby lui-même, un utilisateur de longue date a fait tourner le même transcodage matériel sur les deux serveurs, côte à côte, et publié les résultats : Jellyfin tenait un ~80 fps stable, pendant qu’Emby peinait à dépasser ~30 fps pour exactement le même travail sur exactement le même matériel. C’est le test d’un seul utilisateur, pas un banc d’essai contrôlé en laboratoire, et les résultats varient selon le GPU et le codec, mais c’est une donnée réelle et citable venant de la communauté d’Emby elle-même, et ça correspond à ce qu’on lit souvent : le transcodage matériel est l’une des raisons les plus citées pour migrer vers Jellyfin après avoir déjà payé Premiere.
Jellyfin ou Emby : quelles applications sont les meilleures ?
La page de téléchargement officielle de Jellyfin liste des applications open source pour desktop, Android, iOS, Android TV, Fire TV, Roku, LG WebOS, Samsung Tizen et Xbox, toutes développées et maintenues par le projet Jellyfin lui-même. La vraie lacune, c’est Apple TV : il n’existe aucune application Jellyfin officielle pour tvOS, ce qui explique pourquoi Infuse, listée sur cette même page comme option tierce recommandée, et des projets communautaires comme Swiftfin et le plus récent Reefy existent pour combler ce trou précis. C’est d’ailleurs la remarque qui revient le plus souvent chez les nouveaux utilisateurs : tout le reste tourne sans accroc, et il fallait que ça coince justement sur l’appareil que la moitié des salons utilisent déjà. Nous détaillons les trois options dans notre comparatif Jellyfin sur Apple TV si c’est l’appareil autour duquel vous planifiez votre installation.
Emby couvre ce même terrain Apple TV nativement, plus PlayStation, via ses propres applications et le client multiplateforme Emby Theater. C’est vraiment le seul domaine où le catalogue de clients d’Emby garde un avantage réel : moins de décisions à prendre, puisqu’il existe une application officielle par plateforme au lieu de devoir choisir entre trois options communautaires, comme les utilisateurs Apple TV doivent le faire sur Jellyfin.
Le catalogue d’extensions de Jellyfin est-il vraiment plus fourni que celui d’Emby ?
Être open source joue dans les deux sens ici, mais surtout en faveur de Jellyfin. N’importe qui peut soumettre, forker ou maintenir une extension Jellyfin, et le catalogue a grandi en conséquence : scrapers de métadonnées, fournisseurs de sous-titres, intégrations avec d’autres applications auto-hébergées, et davantage d’outils de niche que la plupart des gens n’en auront jamais besoin. Le catalogue d’extensions d’Emby est plus restreint et plus étroitement sélectionné, puisqu’Emby en révise et maintient une plus grande partie de façon centralisée : moins d’options, un peu plus de cohérence parmi celles qui existent. C’est un constat qui revient sans cesse dans les discussions communautaires : un fil Reddit de plus de 130 commentaires comparant les deux le dit sans détour, Jellyfin l’emporte sur Emby côté extensions externes, même si les deux interfaces se ressemblent encore presque trait pour trait.
Jellyfin protège-t-il mieux la vie privée qu’Emby ?
Jellyfin tourne entièrement sur votre propre réseau, aucun compte requis, aucune télémétrie qui remonte quelque part. L’accès à distance, c’est vous qui le configurez, généralement via un reverse proxy ou un VPN maillé comme Tailscale, exactement comme on le détaille dans notre guide d’installation d’un serveur Jellyfin.
Emby propose Emby Connect, un service de compte optionnel qui simplifie l’appairage et la découverte à distance, surtout pour les foyers moins technophiles. Vous pouvez vous en passer et auto-héberger Emby de la même façon que Jellyfin, mais Connect est la voie qu’Emby met en avant par défaut pour la plupart des utilisateurs, et l’utiliser implique qu’un compte Emby existe quelque part en dehors de votre propre serveur.
Dans tous les cas, ça tourne partout : Jellyfin comme Emby fonctionnent très bien derrière un reverse proxy comme Caddy ou Nginx Proxy Manager, ou via un VPN comme Tailscale ou WireGuard, et les deux tournent sans souci dans Docker sur le même NAS, mini PC, ou boîtier Proxmox.
Vous quittez Plex ? Faut-il choisir Jellyfin ou Emby ?
Une bonne partie du trafic qui atterrit sur ce genre de comparatif vient de gens qui reconsidèrent Plex depuis que son forfait à vie est passé de 249,99 $ à 749,99 $ en juillet 2026, un sujet qu’on détaille dans notre comparatif Jellyfin vs Plex. Jellyfin et Emby sont tous les deux des points de chute légitimes. Jellyfin a le plus de sens si l’objectif est de ne jamais rien payer et de garder un contrôle total sur le code qui tourne sur votre propre matériel. Emby a davantage de sens si ce que vous aimiez vraiment chez Plex, c’était la finition prête à l’emploi, et que ça ne vous dérange pas de payer un peu, nettement moins que ce que Plex demande désormais, pour garder une partie de cette sensation. Et il est tout à fait raisonnable de faire tourner les deux sur le même serveur pendant une semaine pour voir vers lequel votre foyer se tourne naturellement, avant de supprimer l’un des deux.
Comment installer Jellyfin ou Emby ?
Côté installation, il n’y a quasiment pas de différence : Jellyfin et Emby se lancent tous les deux en quelques minutes dans un conteneur Docker, que ce soit sur un NAS, un mini PC ou un serveur Proxmox. Rien de compliqué à ce stade. Ce qui change vraiment, c’est ce qui vient après le premier démarrage : quelles extensions activer côté Jellyfin, ou si l’abonnement Emby Premiere a un intérêt chez vous. La configuration Docker complète et les premiers réglages sont détaillés dans nos fiches dédiées, Jellyfin et Emby.
Jellyfin vs Emby : lequel choisir ?
Version courte : choisissez Jellyfin si la gratuité éternelle et le contrôle total comptent plus pour vous que la finition prête à l’emploi. Choisissez Emby si payer environ le prix d’un abonnement streaming par mois vous achète assez de confort, notamment côté applications clientes et DVR, pour que ça en vaille la peine.
Sur le papier, ça ressemble à un choix binaire. Dans les faits, la réponse dépend surtout d’une question toute simple : qui d’autre, chez vous, va se servir du serveur ?
Là où Jellyfin prend l’avantage :
- Toutes les fonctionnalités, y compris le transcodage matériel, sont gratuites pour toujours
- Entièrement open source (GPL-2.0), rien de caché et rien à prendre pour argent comptant
- Aucun compte requis nulle part, zéro télémétrie par conception
- Catalogue d’extensions large, développé par une communauté active
Là où ça pêche encore :
- Pas d’application Apple TV officielle ; il faudra choisir un client tiers
- Quelques aspérités occasionnelles sur les appareils ou codecs moins courants
- Un peu plus de bidouille pour activer des fonctions avancées comme l’accélération matérielle
Là où Emby prend l’avantage :
- Applications natives et soignées sur davantage de plateformes dès le départ, Apple TV et PlayStation comprises
- Emby Connect simplifie l’accès à distance pour les foyers moins technophiles
- DVR, synchronisation hors ligne sur mobile, et autres petits conforts une fois sur Premiere
Là où ça pêche encore :
- Le transcodage matériel et plusieurs autres fonctions sont verrouillés derrière Emby Premiere
- Propriétaire depuis 2018, donc impossible d’auditer ou de forker librement le serveur comme avec Jellyfin
- Emby Connect est le chemin le plus simple vers l’accès à distance, ce qui reste un compte de plus que ce que Jellyfin ne vous demandera jamais de créer
Notre couverture complète Jellyfin détaille l’installation du serveur et les clients spécifiques à chaque appareil comme Apple TV ; notre couverture Emby, encore en construction, vit dans sa propre archive ; et le hub serveur multimédia plus large relie tous les comparatifs de ce dossier si vous hésitez entre plus que ces deux-là.
FAQ
Jellyfin est-il juste une copie d’Emby ?
Non, même si ça a commencé comme ça. Jellyfin a forké la version open source 3.5.2 d’Emby en décembre 2018, après le passage d’Emby à un modèle propriétaire fermé, et les deux sont développés indépendamment depuis. Ils partagent une ascendance commune et certaines conventions d’interface, pas une base de code.
Existe-t-il mieux que Jellyfin ?
Ça dépend de ce que vous recherchez. Plex garde la prise en main la plus soignée et le plus large support d’appareils, mais son forfait à vie est passé de 249,99 $ à 749,99 $ en juillet 2026. Emby propose des applications natives plus abouties si vous acceptez de payer pour Premiere. Savoir si l’un des deux est vraiment « meilleur » que Jellyfin dépend de ce que vous privilégiez : la gratuité totale et l’ouverture complète (alors non), ou une expérience plus clé en main (alors peut-être).
Est-il légal d’utiliser Jellyfin ou Emby ?
Oui, ce sont deux logiciels parfaitement légaux que vous êtes libre d’installer sur votre propre matériel. Ce qui compte, c’est ce que vous y mettez : ce comparatif, comme le reste de nos guides, porte sur la diffusion de votre propre bibliothèque acquise légalement, pas sur un moyen d’accéder au contenu de quelqu’un d’autre.
Est-ce qu’Emby et Jellyfin utilisent le même port ?
Oui. Les deux utilisent par défaut le port 8096 en HTTP. Le code de Jellyfin a été forké directement depuis celui d’Emby en 2018 et n’a tout simplement jamais changé ce port par défaut, un détail confirmé sur le forum communautaire d’Emby chaque fois que quelqu’un se retrouve avec les deux qui se disputent le même port sur une seule machine.
Quel est le meilleur, Jellyfin ou Emby ?
Aucun des deux ne l’emporte franchement, ils sont construits autour de priorités différentes. Jellyfin gagne sur le coût, l’ouverture et la vie privée. Emby gagne sur la finition des applications prêtes à l’emploi et quelques petits conforts, si ça ne vous dérange pas de payer pour ça.
Combien coûte Emby Premiere ?
4,99 $ par mois, 54 $ par an, ou 119 $ en licence à vie payée une seule fois, d’après la page tarifs officielle d’Emby. La formule à vie couvre jusqu’à 30 appareils dans un même foyer ; les foyers plus grands doivent passer par les options Extended Premiere d’Emby.
Pourquoi choisir Emby plutôt que Jellyfin ?
Principalement pour les applications natives : Emby propose des clients maison soignés sur davantage de plateformes, Apple TV et PlayStation comprises, sans avoir besoin d’un lecteur tiers. Certains utilisateurs trouvent aussi que la reconnaissance de métadonnées par défaut et les fonctions DVR d’Emby sont plus fiables dès la sortie de la boîte.
Peut-on faire tourner Jellyfin et Emby sur le même serveur ?
Oui. Ce sont deux applications distinctes, et Docker permet facilement de faire tourner les deux dans des conteneurs isolés sur une seule machine. Pensez simplement qu’elles partagent le même port par défaut, 8096, donc il faudra en remapper une pour éviter tout conflit.
Jellyfin 12.0 est-elle sortie en version stable ?
Pas encore, à la date de mise à jour de cet article (août 2026) : Jellyfin 12.0 tourne pour l’instant en release candidate, pas en version stable. Si vous diffusez votre bibliothèque média personnelle et acquise légalement sur une installation que vous comptez garder allumée, autant rester sur la version stable actuelle plutôt que de mettre une RC en production tant que la 12.0 définitive n’est pas sortie.
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